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Mme Souad Abderrahim, membre de l’ANC élue en octobre 2011 sous la bannière du mouvement islamiste Ennahdha, a annoncé, mercredi lors d’une conférence organisée à Tunis par l’Institut Arabe des Droits de l’Homme (IADH), le Conseil de l’Europe et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), sur les “Garanties normatives et institutionnelles de la liberté d’expression”, qu’un nouveau projet de loi organique, soumis à l’ANC par des “indépendants”, sera discuté prochainement au sein de l’Assemblée.

En réalité, ce projet de loi organique n’est pas, comme le prétend Mme Abderrahim, l’œuvre de membres indépendants de l’ANC, mais plutôt celle de dix membres du Congrès Pour la République (CPR), une minuscule formation politique dirigée par le Président Marzouki et inféodée actuellement au Mouvement Ennahdha.

Prévoyant plus de peines de prison pour des délits de presse écrite et électronique que les codes de la presse sous Bourguiba et Ben Ali, ce projet semble destiné à mettre les médias à genoux et à tenir les journalistes en laisse. Tout comme d’ailleurs la dite “Instance indépendante de l’information” prévue par l’avant-projet de la Constitution tunisienne et dont les attributions seraient celles d’un ministère de l’information sous un régime despotique..

Ce projet de loi liberticide a été soumis à l’ANC le 6 septembre 2012 pour abroger le décret-loi 115 jugé très libéral par la coalition au pouvoir dominée par Ennahdha

La grève générale historique des journalistes décrétée en octobre 2012 par le SNJT pour exiger notamment la mise en application des décrets-lois 115 et 116 a contribué a mettre en “hibernation” ce projet lourd de menaces pour la profession et le droit des Tunisiens à des médias indépendants et respectueux des règles et de la déontologie du journalisme.

Sans vigilance, ce projet pourrait un jour avoir force de loi et mettre l’avenir du journalisme et de la Tunisie en péril.

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