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C’est une impression d’apathie qui ressort en parcourant la presse internationale ce 14 janvier à la recherche d’articles sur le deuxième anniversaire de la chute de Ben Ali. La majorité relate simplement les marches organisées à Tunis à cette occasion. Les quelques articles d’analyse donnent dans l’ensemble l’image d’une Tunisie engluée dans une transition qui ne tient pas ses promesses.

Divisions et enlisement de la transition

Les articles relatant les « festivités » organisées pour commémorer la fuite de l’ex-dictateur tunisien le 14 janvier 2011 mettent l’accent sur le peu d’entrain à faire la fête chez les Tunisiens. Le Point explique ainsi que « La Tunisie célèbre les deux ans de sa révolution, sans faste », « Une célébration modeste » pour l’Express.

La presse internationale s’attarde surtout sur cet espoir de démocratie malmené par les évènements survenus ces deux dernières années. Pour nombre d’observateurs, les Tunisiens apparaissent plus que jamais divisés et sans joie en ce deuxième anniversaire de la réussite de la première des révolutions du Printemps arabe.

« Le pays fête les deux ans de sa révolution dans un climat de tensions », titre par exemple Libération, qui illustre son article avec la photo de l’ex-couple présidentiel qui coule quant à lui des jours paisibles dans son exil saoudien. Le quotidien français met notamment l’accent sur les « tensions sociales et politiques » et « l’impasse sur la Constitution ». Analyse similaire de La Croix, qui estime que « la Tunisie s’enlise dans la paralysie politique », dans un papier dont l’auteur constate que « Les Tunisiens célèbrent lundi 14 les 2 ans de la révolution dans un climat de tension et de frustration ».

Au Nouvel Observateur, on s’attarde sur les divisions qui secouent le pays dans un article pertinemment intitulé « Les divorcés de la révolution du 14 janvier » où la journaliste décrit le fossé entre les manifestants, les uns scandant « Dégage ! » à l’adresse du gouvernement alors que les autres le soutiennent par des « Allahou Akbar ».

Transition sur fond de violences pour les médias anglophones

Dans la presse anglophone, c’est globalement la même impression qui ressort que dans les articles francophones avec toutefois un accent sur la violence qui sévit dans le pays. Le Guardian publie un long article de fond dans lequel la politique tunisienne semble de plus en plus se résumer à l’affrontement entre le parti au pouvoir Ennahdha et celui de l’ex-premier ministre provisoire Beji Caid Essebsi, Nida Tounes.

Cet antagonisme et plus largement la violence politique sont longuement analysés par l’édition américaine du site « Huffington Post » à l’occasion de ce deuxième anniversaire. La violence est également l’objet de l’article publié ce 14 janvier par The Voice of Russia. Le site d’information russe rappelle d’ailleurs qu’alors que la Tunisie commémore la fuite de président déchu, les forces de sécurité sont contraintes de recourir aux moyens anti-émeute pour ramener l’ordre dans la ville de Benguerdane au sud du pays, où les manifestations se font de plus en plus violentes depuis plus d’une semaine.

Un rayon de soleil dans un horizon sombre

Dans cette avalanche de pessimisme sur les perspectives de la période post-révolutionnaire en Tunisie, on peut trouver, non sans mal, une note positive. Parmi les personnes interrogées par Élodie Aufray, la correspondante à Tunis de L’Express, certains manifestent encore de l’espoir résumé dans le titre de l’article : « Je sens que mon pays me revient ».

Rached Cherif

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