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Le ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, était auditionné mardi 8 janvier par les élus de l’Assemblée nationale constituante (ANC) réunis en session plénière. Lors d’une séance plutôt mouvementée, le ministre n’a pas été épargné par les critiques de l’opposition sur la gestion de son ministère.

Conflit d’intérêts au sein du couple Bhiri ?

Parmi ses détracteurs de la journée, Mamhoud Baroudi (Bloc démocrate) a pointé les conflits d’intérêts dans lesquels pourrait se retrouver le ministre de la Justice. La femme de celui-ci, Saida Akremi, est en effet avocate de profession et est à ce titre amenée à plaider devant les tribunaux.

C’est ce qui fait dire à l’élu de l’opposition que la situation est inédite, « même du temps de Ben Ali », ajoute le parlementaire. Pour Mamhoud Baroudi, l’un d’eux doit renoncer à sa profession actuelle compte tenu de l’influence qu’exerce le ministère sur le fonctionnement du corps magistral. « Lorsque Madame Akremi se présente devant un juge, ce dernier pourra-t-il rejeter l’une de ses affaires, alors que vous êtes le patron des juges ? » interroge le député à l’adresse du banc des ministres.

Noureddine Bhiri reconnait que la justice n’est pas indépendante

Une influence que Noureddine Bhiri ne cherche même pas à nier, comme s’il voulait tendre le bâton pour mieux se faire battre. « La justice n’est toujours pas indépendante et son indépendance n’est pas pour demain, d’autant qu’elle a été soumise, des décennies durant, à d’autres pouvoirs », avait-il ainsi affirmé la veille dans la même enceinte.

L’élu de Nabeul se montre plus virulent en portant des accusations sur le fonctionnement de la chancellerie : « ce qui se produit aujourd’hui au ministère de la Justice est la plus grande mascarade connue dans l’Histoire de la Tunisie. Qui est en train de décider qui est corrompu et qui ne l’est pas dans le corps des magistrats ? C’est vous Monsieur le Ministre. Ainsi, la question vous concerne directement. »

Brahim Qassas paraphrase Winston Churchill

Dès lundi, le ministre de la Justice avait essuyé des attaques venant de l’opposition en raison de sa gestion de l’affaire Sami Fehri. M. Qassas a invité le ministre de la Justice à « partir ensemble à l’issue de la réunion » afin d’appliquer la loi et faire libérer Sami Fehri, détenu en dépit de la décision de la Cour de cassation.

Rappelant la célèbre citation de Winston Churchill : « Je suis prêt à perdre la guerre, mais pas l’indépendance de la Justice », il a appelé M. Bhiri à suivre son exemple en « perdant une affaire, celle de Sami Fehri, mais en préservant l’indépendance de la Justice ».

Rached Cherif

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