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Ce matin, un sous-officier militaire (sergent-chef) a menacé de se suicider au sein de la caserne de Bab Saadoun, en protestation suite au décès, dans des conditions toujours non élucidées, du caporal-chef Badri Tlilli, nous a rapporté une source militaire.

Le sergent est monté au sommet d’un poteau et a menacé de se jeter dans le vide si le ministre de la défense et Moncef Marzouki ne se présentaient pas pour l’entendre. Sa mère et son frère ont été appelés sur les lieux pour le persuader de descendre. Le sergent-chef a finalement obtempéré et une voiture officielle a été dépêchée sur place et l’aurait accompagné au Palais présidentiel.

Le décès du caporal-chef Badri Tlili a suscité beaucoup d’interrogation dans les rangs de l’institution militaire et ailleurs.

Radhia Nasraoui, a indiqué, hier, à l’agence TAP, qu’un militaire tunisien, en poste au Kef, est mort dans des conditions suspectes après avoir été transféré à la caserne de l’Aouina la semaine écoulée pour être entendu dans le cadre d’une enquête.

La version officielle parle quand à elle d’un suicide. Selon le colonel Major Mokhtar Ben Nasr, porte parole du ministère de la défense nationale, cité par la TAP, le caporal-chef Tlili a succombé à une tentative de suicide à l’hôpital militaire où il avait été transféré.

Dans une déclaration à la TAP, Mokhtar Ben Nasr explique que Badri Tlili avait été convoqué pour être entendu dans le cadre d’une enquête sur ses rapports avec un membre de la cellule terroriste impliquée dans les évènements de Jendouba. « Au terme de la première partie de l’enquête, le caporal Chef a reconnu le 28 décembre son lien avec le groupe terroriste et a été maintenu en détention pour complément d’enquête avant d’être traduit devant la justice », a ajouté le porte parole du ministère de la défense.

Notre source nous a informé à ce propos qu’un des sept terroristes présumés arrêtés à Jandouba avait en sa possession une tenue militaire. L’individu a alors affirmé aux enquêteurs qu’il avait obtenu l’uniforme du caporal-chef Tlili qui habite le même quartier que lui.

Une version vivement contestée par sa famille, qui exige une autopsie pour connaître les véritables raisons du décès.

En effet la famille a déclaré aux médias que le sergent a été convoqué le mercredi 26 décembre par la Direction de la sûreté militaire. Le lendemain, son épouse a eu un bref appel téléphonique de son époux qui a été interrompu subitement. Puis plus de nouvelles avant l’annonce de son suicide le vendredi 28 décembre.

Les membres de la famille du défunt et les habitants de son quartier au Kef ont organisé, hier matin, un mouvement de protestation en procédant notamment au blocage de rues et d’avenues, a constaté le correspondant de l’agence TAP dans la région.

Par ailleurs, des collègues du caporal-chef Badri Tlili, le décrivent comme étant “un père de famille sans histoires“, et ne lui connaissent pas un comportement ou un discours religieux radical. Ces collègues trouvent invraisemblable la version officielle qui stipule que la tentative de suicide a été faite à l’aide de la manche du pull-over du défunt.

Le Caporal-chef Tlili, la quarantaine, était responsable d’un dépôt d’arme à la caserne du Kef. Il a laissé dernière lui une épouse et deux enfants.

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