Ce mercredi midi, sur la place de la Kasbah, un nouveau sit-in avait lieu. Il s’agissait des employés et journalistes de Dar Assabah, soutenus par des citoyens, qui protestaient contre les nouvelles nominations au poste de Directeur Général (DG) et Président du Conseil d’Administration (CA) de Dar Assabah.

Hier, mardi 21 août, le Conseil d’Administration de Dar Assabah a pourtant débouché sur un statu-quo quant au limogeage de Kamel Samari, Directeur Général. Mais quelque heures plus tard coup de théâtre : Kamel Samari était démis et Lotfi Touati prenait sa place.

Ce changement de situation a été possible du fait de la démission Président du CA Mustapha Beltaief. Ce dernier, opposé au limogeage de Kamel Samari, ne voulait pas travailler avec des gens ayant une vision particulière du journalisme. En effet Lotfi Touati est un ancien commissaire de police et ancien rédacteur en chef du journal Le Quotidien. Au vu des pressions le changement était inévitable et Mustapha Beltaief a préféré s’écarter.

Suite à la démission de Mustapha Beltaeif une Assemblée Générale (AG) de tous les actionnaires était prévue pour le 13 septembre 2012, mais pour éviter tout vide juridique cette AG pouvait être avancée. C’est ce qui c’est passé.

Hier en fin d’après-midi, vers 18h, les actionnaires se sont réunis et ont décidé de la dissolution du CA. Il est a noté que l’Etat est actionnaire majoritaire, puisqu’il a confisqué les biens de Sakhr Materi, qui était l’actionnaire principal de Dar Assabah. Kamel Samari n’est alors au courant de rien. Il n’était même pas présent dans les locaux de la maison.

Les changements ont été si rapides que la nomination d’un nouveau CA, la mise en place de Lotfi Touati comme DG, de la nomination de Raouf Cheikhrouhou comme Président du CA et le changement des noms dans l’ours ont été effectué en l’espace de quelques heures et toujours sans que Kamel Samari ne soit au courant.

On peut s’interroger sur la légalité de cette action. En début de soirée il est impossible de déposer au JORT une quelconque déclaration. Par ailleurs la démission de Moustapha Beltaief n’avait pas été déposée au bureau d’ordre du Premier Ministère, puisque celui-ci était fermé à l’heure à laquelle la réunion du CA a terminé, vers 14h45.

Après que la famille Cheikhrouhou ai été forcée de céder Dar Assabah à Sakhr Materi on comprend que le retour de cette famille en ses murs soit voulue.

La démission de Mustapha Beltaief a été une aubaine pour le famille Cheikhrouhou comme pour l’Etat qui ont eu toute la latitude possible pour effectuer les nominations souhaitées.

Au vu de la tournure des événements on peut s’interroger sur une possible communauté d’intérêts entre l’Etat et la famille Cheikhrouhou. Mais si celle-ci veut récupérer son bien, ce qui peut sembler légitime, pourquoi laisser l’Etat, certes actionnaire majoritaire, nommer un homme qui a travaillé au service de l’ancien régime, un régime qui a permis à Sakhr Materi de mettre la main sur Dar Assabah ?

En attendant les réponses à ces questions, une seule certitude, comme l’affirme Kamel Samari :

Aujourd’hui le journalisme tunisien est en deuil.

Article rédigé par Malek Khadhraoui et Sana Sbouai

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