“Rend la caméra et donne-nous la vérité”


 

 

Tunis le 09 juin 2012

Nous soussignés,

Dans le cadre de la mobilisation que connaît aujourd’hui notre pays autour des procès des martyrs de la révolution tunisienne qui se déroulent devant la justice militaire, une grève de la faim à été entamée depuis le 28 mai 2012 durant laquelle le slogan “Garde la caméra et donne nous la vérité” a été levé. Cette action ne vise que les ennemis et les manipulateurs de la vérité.

Ceci dit nous exprimons notre refus catégorique de toute tentative de contournement du principe de la redevabilité comme étant une étape à concrétiser d’une manière effective et efficiente avant de pouvoir se consacrer à l’étape de la refondation et à la construction collective.

Nous exprimons également notre refus du traitement superficiel de la cause des martyrs, dont le but est la quête de la vérité et le jugement des coupables, en la réduisant à l’indemnisation financière des familles. Comme nous refusons par la même le chantage qui vise à nous condamner à choisir le rétablissement de l’ordre public au prix de l’impunité.

Aussi, nous insistons sur l’importance de la levée de la main mise du ministère de l’intérieur sur les documents et les registres qu’il détient et qui représentent des pièces maîtresses dans la révélation de la vérité autour des événements de la révolution et l’identité des personnes et parties impliquées dans les meurtres des jeunes révoltés. Nous appelons également à entamer, sans retard, les instructions nécessaires concernant la destruction d’une partie de ces documents.

Comme nous appelons à faire preuve de plus de sérieux, de sévérité et de professionnalisme dans les instructions militaires ouvertes à l’encontre des agents de l’ordre impliqués dans les événements de la révolution en prenant les décisions adéquates contre toute forme de pression et menace constatées lors du déroulement des procès sans considération du grade et du degré d’influence des accusés.

Il est également primordial de rompre avec la politique du black out médiatique et la confidentialité dans laquelle se déroulent les procès militaires qui constituent un obstacle devant la responsabilité historique des médias à transmettre l’information au peuple tunisien.

Ainsi nous exigeons :

1- L’activation du décret-loi n°41 du 26 mai 2011 modifié et complété par le décret-loi n°54 du 11 juin 2011 relatif à l’accès aux documents administratifs des organismes publics.

2- La concrétisation effective du caractère publique du déroulement des procès avec leur transmission directe sur une chaine nationale publique.

3- La création d’une structure judiciaire spécialisée et indépendante pour la prise en charge de ces procès historiques.

Nous déclarons dans ce communiqué notre attachement à ces revendications et notre détermination à poursuivre cette mobilisation jusqu’à leur concrétisation et nous appelons les décideurs politiques, notamment l’assemblée constituante, la présidence de la République et le gouvernement à ne pas sous-estimer ces revendications qui coïncident avec leurs responsabilités historiques

Comme nous invitons toutes les forces militantes et à leurs têtes les différentes composantes de la société civile et du paysage politique à soutenir nos revendications et se tenir aux valeurs de la révolution de la dignité

Vive la Tunisie, à jamais libre, indépendante et digne !

Les signataires :

– Les grévistes de la faim

– Me Abdessatar Ben Moussa et Me Aïachi Hammami pour la Ligue Tunisienne des droits de l’Homme

– Me Omar Safraoui et Me Anouar Bassi pour La Coordination nationale indépendante pour la justice transitionnelle

– Me Charfeddine Kellil pour Le Groupe des 25

– Me Alaa Talbi pour le Centre Tunisien pour la transparence (Transparency 25)

– Nawaat

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