Le ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdessalem AFP PHOTO / FETHI BELAID

Le ministère des Affaires étrangères reste muet au sujet des tunisiens qui ont été exhibés sur la chaine syrienne la semaine dernière pour « avouer leur allégeance au mouvement islamiste terroriste d’Al Qaïda ». Aucune conférence de presse ni de communiqué de la part de Rafik Abdessalem n’ont été faits pour avertir l’opinion publique sur l’évolution de ce dossier. Le sort et le nombre de ces Tunisiens partis combattre auprès de l’ASL (Armée Syrienne Libre) ou ceux qui sont décédés reste inconnu. Selon Bachar Jâafari, ambassadeur syrien auprès de l’ONU, les Tunisiens qui ont été détenus seraient au nombre de 20 sur les 26 du monde arabe.

Par ailleurs et contrairement au cas tunisien, les belges ont une autre approche pour traiter leurs dossiers ainsi que leurs citoyens dans ce genre de cas. Comme tous les autres pays de l’Union Européenne qui ont baissé les drapeaux de leurs ambassades à Damas, la Belgique a fermé la sienne et ce depuis le 31 mars 2012. Cependant, un citoyen belge s’est trouvé récemment en Syrie. Un certain Pierre Piccinin a été arrêté par le régime syrien samedi dernier à Damas. Il a été détenu dans la prison Bab Al Musala. Cela n’a pas empêché le gouvernement belge d’agir. En effet, dès la réception de cette nouvelle, le ministère belge des Affaires étrangères a prévenu les médias et a envoyé illico un fonctionnaire sur place pour que M. Piccini soit expatrié.

En conséquent, bien au-delà des divergences de points de vue quant à la décision de fermeture de l’ambassade de la Tunisie en Syrie, on remarque que le ministère belge des affaires étrangères qui a fait pareil reste quand même attentif à la sécurité de ses ressortissants d’une manière concrète, en envoyant un émissaire en Syrie pour s’occuper du cas du citoyen belge détenu et en communiquant avec les médias.

« Protéger, défendre, sauvegarder, à l’étranger, les droits et intérêts matériels et moraux de la Tunisie ainsi que de ses ressortissants », telle est la fonction de notre ministère des affaires étrangères. Malheureusement, contrairement au cas belge, notre ministère reste silencieux. Depuis la diffusion de l’émission sur la chaine syrienne des Tunisiens détenus, seuls de laconiques propos de ministre de l’Intérieur Ali Larayadh ont été dits lors d’une réunion de travail au Bardo la semaine dernière pour annoncer qu’il n’y a aucune information quant à leurs nombre exact ou leur sort. Nonobstant, n’est-ce pas le rôle du ministère des affaires étrangères de la Tunisie et non du ministère de l’Intérieur de se prononcer sur un tel sujet afin d’éclairer l’opinion publique ?

Voulant avoir plus d’information, on a contacté le ministère des Affaires étrangères où on a été dirigé d’un service à un autre pendant plus de 40 minutes, du standard, à la direction des affaires consulaires, à celle de la Communication, au responsable des pays arabes,… Aucune réponse n’a été donnée à nos questions puisque la direction de la communication n’en détenait aucune à ce sujet.

En outre, les dissensions au sein du ministère des affaires étrangères aggravent encore plus la situation. Le 22 mars, plus de 120 fonctionnaires ont manifesté pour déclarer que le ministre Rafik Abdesalem a ignoré leurs revendications allant même au refus de discussion. Les protestataires ont accusé M.Abdessalem de les avoir « snobés ».

Dès lors, on comprend que la situation au sien de ministère des affaires étrangères en Tunisie entrave l’avancée de la résolution de la situation des Tunisiens détenus en Syrie. Une bonne gestion de ce dossier est recommandée car, rappelons-le, la Révolution tunisienne a pour but et avant tout la dignité du citoyen tunisien- qu’il soit terroriste ou autre- et la mise en place d’un Etat de Droit.

Le ministère des affaires étrangères est certes dans une phase difficile et la résolution de ce dossier délicat dépend avant tout de la bonne gestion du ministère lui-même. Entre temps, le sort des Tunisiens détenus en Syrie, qu’il soit terroristes ou autre, reste inconnu.
Comment la Tunisie va-t-elle résoudre ce dossier ? On a vu Rafik Abdessalem et Marzouki organiser la conférence des “Amis de la Syrie” en Tunisie, mais n’y aurait-il pas de conférence pour les “Amis des Tunisiens détenus en Syrie” pour en discuter ?

Dossier de la Syrie
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