Les membres de la commission chargée d’examiner les dossiers des victimes de la Révolution, ont eu la dent dure envers la session plénière qui s’est tenue jeudi 12 avril.

« Le but de la séance plénière était de discuter des cas des blessées de la Révolution et des martyrs. Ils étaient tous en attente d’un résultat suite à cette séance plénière. Au lieu de quoi nous avons eu à faire à un groupe de représentants, qui sont tout simplement venus faire de la politique et Mustapha Ben Jafaar, le Président de l’Assemblée y est pour beaucoup. Si bien qu’aucune question du dossier n’a été traitée » a déclaré Kaouther Ladgham, membre du parti Ennahda.

Jeudi dernier, la session matinale de la séance plenière devait en effet traiter des dossiers des martyrs. Pourtant, en raison des événements du 9 avril et des tensions qu’ils ont causé, la conversation a vite tournée à un débat rhétorique.

La commission dédiée aux blessés et aux martyrs se réunit une fois par semaine, alors que les autres commissions se réunissent trois fois par semaine, chaque lundi, mardi et mercredi. Une forte pression a été faite sur l’ANC la semaien dernière. En effet les violents affrontements entre manifestants et forces de police lors da la manifestation du 9 avril, ont remis la question au premier plan, d’autant plus qu’une délégation de défense des blessés de la Révolution de Sidi Bouzid est arrivée à Tunis. Cette délégation, complètement ignorée par les médias, avait pourtant rejoint Tunis à pied.

N’ayant pas abordé la question principale la commission a été vivement critiquée. La question des blessés est un dossier qui date pourtant de la chute du régime de Ben Ali. Voilà donc des mois que ce dossier traine et qu’il n’est toujours pas traité. Ladgham, la représentante du parti Ennahda de Tozeur, a tenu à soulever également la question de la prise en charge psychologique : « Nous sommes trop nombreux, et les docteurs sont aussi concernées par ce problème, à ignorer les traumatismes psychologiques suite la Révolution. »

Certains membres de la commission justifient le manque d’avance des travaux de la commission par le manque de cadre juridique approprié. D’autres mettent en avant le manque de soutien administratif au niveau local. Ainsi les bons permettant l’accès aux traitements médicaux n’ont pas encore été distribués dans toutes les régions.

Mais plus que tout la commission a exprimé son insatisfaction face au faibles pouvoirs qui lui sont alloués. Si bien qu’un accord tacite semblait ressorti du discours d’hier : si la commission ne se voit pas allouées les pouvoirs sont elles a besoin pour mettre en œuvre ses décisions elle se dissoudra.

« Qu’attend-t-on de nous? Des décisions rapides, la mise en application de ses décisions, un impact plus grand et mieux reparti de notre action, avec les bons d’accès aux traitements par exemple », a déclaré Kaouther Ladgham.

Dans une certaine mesure, les membres de l’assemblée sont impuissants face au très complexe systéme de bureaucratie et de corruption toujours en place. Ainsi Mohamed Brahmi, membre de la commission, a cité comme exemple la sitauation d’un jeune de Kasserine qui est s’est presenté dans un hôpital de Sousse pour recevoir un traitement et qui a simplement été renvoyé à Kasserine. « Le médecin lui a dit qu’il devait faire un IRM à Kasserine,puis revenir à Sousse. Or il n’y a pas d’équipement médiacle à Sousse permettant la réalisation d’un tel examan. »

La commission s’est plainte de n’être qu’une commission factice, sans pouvoir réel et sans ausune capacité d’action pour mettre en action ses décisions. La présidente de la commission, Yamina Zoghlami, se plaint de ne même pas avoir un endroit pour recevoir et discuter avec les blessés « Ils viennent nous rendre visite au sein de l’Assemblée et nous n’avons même pas une zone d’accueil. Nous sommes restons debout dans le hall, chose que les blessés n’apprécient pas », a déclaré Yamina Zoghlami.

Chose étonnante : les plaintes de la commission ne semblent voir le jour qu’aprés que cette même commission est subie des pressions et que le dossier des blessés de la Révolution ai été médiatisé.

On peut alors se demander ce que faisait cette commission jusqu’à maintenant ? Ets-ce que ces problèmes n’existaient pas ? Pourquoi est-ce que ces excuses sont invoquées maintenant et pourquoi aucune aide n’a été demandé aux partis concernés?

Certes le système bureaucratique et l’inefficacité persistante au niveau municipal comme au niveau étatique, sont des éléments difficiles à gérer pour le corps centralisé qu’est la commission. Reste que ce qui est inexcusable, c’est le manque d’action de la part de la commission qui n’a pas réussi à imposer sa légitimité tant au sein de l’Assemblée constituante que au niveau de l’opinion publique.

Traduit de l’anglais par Sana Sbouaï

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