Le Pôle Démocratique Moderniste écartelé entre l’intérêt partisan et l’intérêt national : « L’opposition » n’a-t-elle pas encore retenu la leçon ?

Le pôle démocratique moderniste s’est présenté comme étant une union rassemblant le mouvement du Renouveau (Attajdid), le Parti Socialiste de Gauche, le Parti Républicain et le Parti de la Voie Médiane, outre un groupe d’initiatives nationales réunissant des indépendants qui sont :
– Appel pour un pôle démocratique progressiste culturel
– Stop à la division !
– Ligue des Indépendants progressistes,
– Union nationale des Indépendants du Pôle,
– Initiative de la Citoyenneté.

Et ils ont tous participé aux élections pour l’Assemblée Constituante sous la bannière du Pôle.
Cette coalition avait pour but de rassembler les forces démocratiques et progressistes en la forme d’un groupe agissant pour s’assurer les meilleures chances de compter à l’Assemblée Constituante; seulement, au final, cela ne leur a permis d’avoir que cinq sièges sur un total de 217.

Aussi a-t-on noté un changement, dès l’achèvement de l’acquis électoral, l’Initiative de la Citoyenneté muant en une association s’activant à l’instar des autres compositions de la société civile, ce qui amena son retrait automatique du Pôle en tant que parti politique avec maintien, cependant, de la présence au Pôle de ses adhérents en leur nom propre, en tant qu’indépendants, sans plus relever de l’Initiative de la Citoyenneté, selon ce qu’a assuré Monsieur Jilani Bousslama.

Il est à noter aussi que le Parti Républicain et le Parti de la Voie Médiane se sont également retirés à la suite de l’annonce de leur union en un parti unique qui a fusionné par la suite en un projet de front où il se réunit aux Parti Démocratique Progressiste (PDP) et Parti Horizons (Afek Tounis) dans le cadre du projet de création d’un Parti Centriste Unifié (http://wp.me/p16NIR-2Nq)

Par ailleurs, le Mouvement du Renouveau (Attajdid), le Parti du Travail Tunisien (PTT) et le Pôle Démocratique Moderniste (PDM) ont annoncé dans un manifeste leur volonté de créer un seul parti les réunissant, une conférence de presse en l’objet étant programmée pour le 9 février 2012 à 11 h du matin.
Réaction des parties concernées
Cette nouvelle donne a fait l’effet d’une bombe parmi ceux qui constituent le restant des composantes du Pôle Démocratique Moderniste, les amenant à dénoncer, d’une part, l’accord du Mouvement du Renouveau (Attajdid) avec ce qui est, en dernière analyse, une des propres composantes du PDM et, d’autre part, la manière dont a été prise une telle décision annoncée sans discussion avec eux ni même la moindre consultation, surtout que la direction du Pôle Démocratique Moderniste, à laquelle revient le pouvoir de décision, est composée de représentants de toutes les composantes du Pôle.

Et pour un meilleur éclairage sur ce dossier en direction de l’opinion publique, nous avons observé les réactions des différentes parties concernées.
Ainsi, Monsieur Ahmed Ibrahim, chef du mouvement du Renouveau (Attajdid) a assuré que la question, à la base, est formelle et ne mérite pas un traitement par le détail, puisque la signature a eu lieu, en vérité, entre le Parti du Renouveau (Attajdid), le Parti du Travail Tunisien (PTT) et un groupe d’Indépendants du Pôle convaincus par l’adhésion au processus d’unification.

Pour sa part, Monsieur Salah Zghidi du « Collectif national des Indépendants du Pôle » a assuré que nonobstant l’Initiative qu’il représente, il est membre de la Coordination nationale du Pôle Démocratique Moderniste et on ne l’a, pourtant, pas sollicité pour discuter pareille démarche, considérant qu’elle ne représente nullement le Pôle et dénonçant l’usage de son nom dans une déclaration officielle de nature à créer une confusion chez l’opinion publique.
Cette même position a été exprimée par Monsieur Abdelkader Hamdouni au nom de « Ligue des Indépendants Progressistes » qui a estimé que l’on ne peut inaugurer l’unification par l’adoption de mécanismes d’exclusion, assurant que la phase par laquelle passe le pays nécessite davantage un peu plus de patience et de réflexion.

Quant à Monsieur Mustapha Ben Ahmed de l’« Appel pour un pôle démocratique progressiste moderniste », assurant que la première pierre de l’édifice du Pôle ayant été posée de par sa propre initiative, a considéré qu’il n’était pas logique de mettre ainsi des membres fondateurs et des composantes du Pôle à l’écart de discussions qui les concernent, précisant dans le même temps et du point de vue du principe, qu’il encourage toutes les initiatives qui agissent en vue de l’unification des forces démocratiques et progressistes pour peu que leurs buts soient discutés dans la transparence et publiquement et non dans une démarche d’exclusion.

De plus, le Parti Socialiste de Gauche a publié, pour sa part, une déclaration dénonçant le fait qu’il n’ait pas été associé à cette initiative ou au moins consulté à son sujet, rappelant que la majorité des composantes du Pôle a adopté, dans un document officiel lors de la réunion nationale pour l’évaluation des élections, l’orientation vers une action de front comme choix tactique et la fondation d’un grand parti comme choix stratégique, ce qui fait de la situation actuelle constitue un renversement cette orientation. Et c’est ce que Monsieur Menaouar Saïdi, membre du comité central du parti, a considéré comme une opération d’exclusion intentionnelle de la part de certaines parties, appelant toutes les composantes du pôle à se réunir pour délibérer de l’avenir du Pôle eu égard au fait qu’en publiant son manifeste le Parti du Renouveau (Attajdid) a reconnu sa sortie du Pôle Démocratique Moderniste.
Une telle réunion a effectivement eu lieu le 8 février 2012 à 19 h au siège du Pôle en présence de toutes ses composantes, y compris le mouvement Attajdid.

En attendant ce que donnera cette réunion et la conférence de presse prévue pour jeudi, la question qui s’impose à l’esprit est la suivante : Qu’est-ce qui fait que toutes ces parties se soient retrouvées dans un pôle pour se disperser aussitôt l’acquis électoral passé, chacune empruntant une voie au moment même où les supporteurs de l’actuelle opposition sont unanimes sur la nécessité de l’union et du travail en commun pour participer aux acquis électoraux à venir avec le plus de chances ?

Traduction de F.Othman

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