Par Jalila Klout,

Les journées des 8 et 9 Avril 1938 au cours desquelles le peuple réclamait un Parlement strictement tunisien ont été oubliées mais elles doivent faire très mal dans la mémoire des patriotes.

Le peuple tunisien se trouve depuis neuf mois à la croisée des chemins : va-t-il enclencher le processus de transformation révolutionnaire de la société ou subir la contre-révolution et accepter la pacification par un retour au protectorat et la continuité de l’Etat colonial ?

L’Intifada du peuple a initié la révolution du troisième millénaire et mis à nu de façon claire la faillite des intellectuels, des penseurs et des « élites politiques ». Ils ont échoué à accomplir leur mission spécifique d’émancipation du peuple.

Un « nouveau paysage politique » est en train de se mettre en place, où l’on voit des « tunisod’ailleurs » représentant et défendant ouvertement les intérêts états-uniens, français et sionistes.

Il contribue encore au rejet par le peuple de cette « classe politique » et à la poursuite de la soumission populaire. Il suffit de se rappeler que quelques jours avant la fuite de Ben Ali, des dirigeants de partis de la dictature et des droits de l’homme ont tenté de former un « gouvernement d’union nationale » sous la direction du dictateur et permettre l’hypothétique sauvetage du régime.

Tous les moyens sont donc utilisés aujourd’hui pour dénaturer l’Intifada populaire et la remplacer par une démocratie de façade et le pseudo-pluripartisme. Ils volent le peuple sans complexes. Ils lui font étalage de la démocratie états-unienne, la française ou la saoudienne ou un melting-pot des trois. Toutes les trois ont mené au 14 Janvier.

Pourquoi lancent-ils ces faux débats juridiques sur le référendum ou l’élection de l’assemblée constituante alors que la question est éminemment politique? Ont-ils peur que ces élections soient gagnées par les partis du RCD et d’Ennadha ? Préparent-ils le scénario algérien des années 1990 ? Ils réfléchissent et agissent tous selon les schémas occidentaux de conquête du pouvoir, de l’argent et du mode de vie.

Le 23 Octobre 2011, le peuple aura-t-il un authentique parlement tunisien ? Une très grande majorité doute de l’intégrité d’un certains nombre de candidats et de candidates.

Comment vont se comporter ceux et celles des listes de partis politiques et de l’immigration qui ont la double nationalité et qui sont des fonctionnaires dans les pays d’adoption, lorsque des lois à voter sont contraires aux intérêts des états français, états-uniens et autres ? Le peuple tunisien acceptera-t-il qu’il y est des élus pour défendre des intérêts étrangers aux dépens des intérêts fondamentaux du peuple ?

Ils ont le droit d’être électeurs mais pas éligibles, ni maires, députés, magistrats, conseillers, ambassadeurs, consuls, ministres, hauts fonctionnaires et dirigeants d’entreprises nationales. Ces fonctions sont du ressort de la souveraineté nationale.

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