J’ai repris les données du projet de décret de découpage électoral publié sur Nawaat en parallèle avec les données démographiques telles que publiées sur le site de l’Institut National de la Statistique :

En comparant le ratio nombre d’habitants/élus, on peut croire à une volonté d’accorder plus de représentativité aux régions moins peuplées, par exemple Zaghouan qui se voit octroyer 4 voix (1 voix pour chaque 34’100 habitants) ou mieux encore, Kebili avec 1 voix pour chaque 25’880 habitants, alors que Tunis comme Sfax se voient limitées à une voix pour chaque 58’000 habitants. Pourtant, rien ne justifie que Kasserine et Sidi bouzid, parmi les régions les plus déshéritées et moitié moins peuplées doivent s’aligner sur ces deux grandes métropoles, avec un ratio supérieur à 50’000 personnes pour une voix.

D’autre part, si l’on regarde le diagramme par région, le Grand-Tunis et le Sahel à eux deux détiennent près du 50% des sièges, avec tout de même l’avantage d’une voix au Sahel. Quand on sait le poids économique de ces deux régions, comment défendre les chances de développement équitable pour l’autre moitié du pays ?

L’autre question qui est de loin la plus intéressante, combien y aura-t-il de listes par région ? Et combien de noms par liste ? Prenons par exemple Béja. Il y a actuellement plus de 60 partis reconnus, mais tous n’auront pas des candidats en nombre pour ce gouvernorat, et devront nécessairement faire des alliances. Maintenant simplifions encore en supposant que seules 7 formations présenteront 7 listes avec sept noms chacune, soit au total 49 candidats. Le citoyen aura à élire 6 représentants et ne peut pas faire de panachage ni rayer certains noms des listes sous peine de nullité. Il n’est dès lors pas difficile de conclure que les sièges iront aux têtes des listes qui auront récolté le plus de voix, et aboutir à un mode de scrutin nominatif malgré toutes les apparences de la proportionnelle.

C’est le message que les citoyens doivent entendre, comprendre, et ne pas se laisser flouer par les manœuvres de mixité ou d’alliance. Ils doivent savoir que leurs voix iront aux candidats en tête des listes qu’ils choisiront de mettre dans l’urne. Le moment est historique et requiert de tous les Tunisiens une attention et un engagement sans précédents car les prochaines élections détermineront l’avenir de notre pays pour au moins les 50 ans à venir.

La campagne électorale promet d’être épique.

Alyssa

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