Le 27 janvier, M. Ghannouchi a annoncé le remaniement ministériel demandé par la majeure partie de la population qui exigeait le départ des anciens collaborateurs du régime de Ben Ali. Alors que son départ aussi était attendu, il s’est maintenu à la tête de cette nouvelle formation promettant des élections libres dans les mois à venir.
A l’heure où le débat sur le changement de la constitution et le choix du régime politique pour gouverner le pays bat son plein, le gouvernement de M. Ghannouchi, dans sa forme actuelle ne permet aucune lecture d’une ligne politique claire et définie. En maintenant les mêmes institutions, les mêmes structures et surtout la même forme de gouvernance, ce gouvernement peut-il réellement se prétendre gouvernement de transition démocratique ? Ne se dirige-t-il pas subtilement vers un nouveau gouvernement benalien ?

Actuellement la Tunisie a besoin d’une certaine stabilité politique pour pouvoir s’acheminer sereinement vers les échéances qui attendent les Tunisiens et faire face aux énormes défis qui se posent.

La Tunisie ne vit pas une révolte mais une véritable révolution qui doit balayer l’ancien régime en arrachant ses racines les plus profondes. Se cramponner aux structures de l’ancien régime et à sa constitution semble inutile et totalement anachronique.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire qu’il est impossible d’avoir des élections présidentielles dans les 45 jours à venir.
A cette date, le Président par intérim ainsi que le gouvernement actuel qui, pour une grande frange de la population ne possèdent actuellement pas de légitimité, n’auront plus aucune légitimité constitutionnelle.

Alors que faire?

M. Mebazza et M. Ghannouchi devraient faire preuve de sagesse en se retirant et en laissant la place à un Comité de salut public, composé de trois ou quatre personnalités notoires, sérieuses et intègres n’ayant pas été compromises avec l’ancien régime.

Ce comité de salut public aura la charge :

  • – de former un gouvernement de technocrates pour gérer le pays.
  • – d’organiser les élections pour former une Assemblée constituante.
  • L’élection de cette Assemblée devra avoir lieu très rapidement, c’est-à-dire dans les deux mois. Elle sera composée à hauteur de 50% de corps constitués (seront représentés l’UTICA avec ses différents secteurs, les agriculteurs, l’UGTT avec ses différentes sections, l’UNFT, les avocats, les médecins, les journalistes,étudiants etc. et de 50% d’élus du peuple au suffrage universel.

    Le rôle de cette Assemblée sera :

  • – d’organiser des élections pour choisir son Président
  • – d’élaborer une nouvelle Constitution
  • -Un rôle législatif
  • Une fois cette assemblée constituante élue, le comité de salut public sera dissous et le président de cette Assemblée assurera en même temps la fonction de Chef du gouvernement tunisien par intérim. Il lui reviendra la tâche de nommer un gouvernement.

    Dès que la Constitution sera prête et qu’un nouveau code électoral sera établi, nous procèderons alors à des élections législatives ou présidentielle en fonction de la forme de gouvernance que la constitution aura déterminée.

    L. Benmosbah

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