La société tunisienne comme toute société humaine n’est rien de plus que la somme des comportements et relations qu’il peut y avoir entre les individus.

La société est une fractale dont l’élément de base est l’individu et la nature des relations que celui-ci tisse. C’est la morphogenèse des relations humaines.

La diversité, les interactions et les variantes donnent les cultures, les sensibilités, une part du religieux, les accidents de l’histoire …

Le point de départ est toujours l’homme et son monde ou sa réalité perceptive qui le façonne et qu’il façonne continument.

Plus simplement, la peur, l’isolement, les non droits, l’idolâtrie, l’égoïsme, la suspicion, le respect de l’autre, la fraternité, l’amour, la liberté, le droit d’association, etc …, sont des éléments qui en se composant et en se recomposant nous donnent l’environnement social dans lequel on vit et que personne ne peut maitriser totalement, la partie ne pouvant être l’ensemble.

La société n’est pas uniforme car la complexité et la diversité y laisse toujours la régénération d’une vie. Lorsque le désordre est la règle, l’ordre apporte la vie et sa continuité. Lorsque l’ordre étouffe l’individu et l’exclue, cet ordre apporte la mort et la nécrose.

La propagande a matraqué ce peuple par la langue de bois et le divertissement infantilisant.

La finance conquérante, nouvel instrument de guerre planétaire, nouvel outil de l’hégémonie, a ligoté ce peuple par ses propres penchants légitimes ou non de consommations utiles ou non utiles.

La pauvreté ne laissa à ce peuple que peu d’espace ou temps de recul pour voir son écrasement progressif.

Une tentative de suicide par immolation a fait rejaillir la vie du fond de chaque citoyen qui s’est senti ainsi prendre feu lui-même. L’approche de la mort a réveillé la nature vivante.

Le Citoyen s’est identifié pleinement dans ce cas !

C’est le miracle de la bonne et merveilleuse nature humaine à laquelle certains souhaitent faire face avec une prétentieuse fermeté menaçant ainsi publiquement le peuple identifié, l’humiliant et l’insultant !

Après les propagandes, le ligotage, l’isolement, la destruction de toute valeur ou solidarité entre les individus, en désespoir de falsifications et de violences, certains veulent s’opposer avec « fermeté » aux derniers soupirs d’un peuple apeuré et humilié.

Ce soupir est la définition même de ce qu’on appelle la vie. Cette fermeté est la stupidité poussée au crime.

Ils veulent s’opposer ainsi, avec « fermeté », à ce qui fait de l’homme un être vivant, en attentant à son intégrité, à son environnement économique, culturel ou même physique.

Ils veulent remplacer la nature de l’homme ou la nature tout court, par une autre « nature » plus conforme à des intérêts immédiats et plus complaisante envers la limite de leurs compétences et envers l’étendu de leur imposture.

Dans les termes actuels de la « fermeté », l’ordre prétendu est une fuite en avant morbide. C’est un attentat contre la qualité humaine, citoyenne et républicaine. C’est la porte donnant sur une sombre fin.

Le devoir de tous est de désobéir à cette « fermeté » chère à ceux qui ont conduit, acteurs de leur état, toute cette jeunesse au désespoir.

Comme déjà dit depuis plusieurs années, tout cela est malheureusement une conséquence logique et prévisible du zèle de la flatterie. Entre le désordre et le martyr de vos enfants vous avez choisit le martyr et vous allez avoir le désordre.

Sans retour à la stabilité du mensonge, au monde parfait de l’imposture généralisée et sans retour à un ordre morbide, meilleurs vœux pour l’année 2011 et pour un espoir entier et réel au peuple Tunisien.

Kamel Mahdhaoui

31 décembre 2010.

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