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Traduction : Tunisia Watch

09TUNIS492 Date17/07/2009 04:19 Origin: Embassy Tunis Classification: SECRET//NOFORN
Content: S E C R E T SECTION 01 OF 05 TUNIS 000492- NOFORN- SIPDIS
DEPT FOR NEA AA/S FELTMAN, DAS HUDSON, AMBASSADOR-DESIGNATE GRAY, AND NEA/MAG FROM AMBASSADOR
E.O. 12958: DECL: 07/13/2029
TAGS: PREL, PGOV, ECON, KPAO, MASS, PHUM, TS
SUBJECT: TROUBLED TUNISIA: WHAT SHOULD WE DO?
Classified By: Ambassador Robert F. Godec for E.O. 12958 reasons 1.4 (b ) and (d).

Sommaire

1. Par divers aspects, la Tunisie devrait être un allié proche des États-Unis, ce n’est pas le cas. Bien que nous partagions certaines valeurs clés et que le pays ait une solide réputation en matière de développement, la Tunisie a de gros problèmes. Le Président Ben Ali est vieillissant, son régime est sclérosé et il n’y a pas de successeur évident. De nombreux tunisiens sont frustrés par le manque de liberté politique et en colère contre la corruption de la famille de la première dame. Le taux de chômage est élevé, les inégalités régionales sont fortes et l’extrémisme est une menace permanente.

Pour aggraver les problèmes, le gouvernement Tunisien n’accepte ni conseils ni critiques, et ce qu’elles soient nationales ou internationales. Au lieu de cela, il cherche à imposer un contrôle de plus en plus fort en faisant appel à la police. Le résultat: la Tunisie est en difficulté et nos relations le sont aussi.

2. Au cours des trois dernières années, la mission États-Unis Tunis a réagi en offrant une plus grande coopération que les Tunisiens disent vouloir et n’a pas hésité à exprimer clairement la nécessité du changement. Nous avons eu quelques succès, notamment dans les domaines d’assistance commerciale et militaire. Mais nous avons aussi eu des échecs. Nous avons été bloqués, en partie, par un ministère des Affaires étrangères qui vise à contrôler l’ensemble de nos contacts au sein du gouvernement et de nombreuses autres organisations. Trop souvent, le gouvernement tunisien préfère l’illusion de l’engagement plutôt que le dur travail d’une réelle coopération. Tout changement majeur en Tunisie devra attendre le départ de Ben Ali, mais le président Obama et sa politique créent, en ce moment des opportunités maintenant. Que devons-nous faire pour profiter de ça? Nous recommandons de:

– rester très vigilent sur la réforme démocratique et le respect des droits de l’homme, mais changement notre façon de promouvoir ces objectifs.

– Chercher à engager le gouvernement tunisien dans un dialogue sur les questions d’intérêt communs, y compris le commerce et l’investissement, la paix au Moyen-Orient, et une plus importante intégration du Maghreb;

– Offrir aux tunisiens (en insistant sur la jeunesse) plus de formations de langue anglaise, d’échanges éducatifs et de programmes culturels;

– Sortir notre assistance militaire du cadre de la FAE (Financement des Armées Etrangères), mais chercher de nouvelles voies pour renforcer la sécurité et la coopération en matière de renseignement.

– Accroître les contacts avec les personnalités importantes, mais insister sur le fait qu’un approfondissement de la coopération avec États-Unis dépend d’un réel engagement de la part des tunisiens.

La Toile de fond: des relations historiques et des valeurs partagées

3. Les États-Unis et la Tunisie ont 200 ans de liens étroits et d’intérêts communs, notamment la promotion de la paix régionale, la lutte contre le terrorisme, et la quête de la prospérité. Depuis l’indépendance, la Tunisie a du mérite due à son progrès économique et social. Sans les ressources naturelles de ses voisins, la Tunisie s’est concentré sur sur les personnes et a diversifié son économie. Un succès très rare, le gouvernement tunisien est efficace dans le domaine des prestations de services (éducation, santé, infrastructures et sécurité). Le gouvernement tunisien a cherché à construire une économie de savoir pour attirer l’IDE (Investissements Directs Etrangers) qui créeront des emplois de haute valeur ajoutée. En conséquence, le pays a connu cinq pour cent de croissance du PIB réel pendant la dernière décennie. Dans le domaine des droits de la femme, la Tunisie est un modèle. Elle a une longue histoire de tolérance religieuse, comme en témoigne sa façon de traiter sa communauté juive. Bien que d’importants défis subsistent (au-dessus de tous les pays avec un taux de chômage est de 14%) sur la balance la Tunisie a fait mieux que la plupart de ses voisins dans la région.

4. En matière de politique étrangère, la Tunisie a longtemps joué un rôle de modérateur (bien que récemment son objectif a été de s’entendre avec tout le monde). Le gouvernement tunisien rejette le boycott de la Ligue arabe des produits israéliens. Bien qu’il a rompu ses relations avec Israël en 2000, le gouvernement tunisien a de temps en temps pris part à des discussions calmes avec des responsables israéliens. Le gouvernement tunisien appuie également le leadership de Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne.

La Tunisie a participé à la conférence d’Annapolis et a soutenu nos efforts pour promouvoir les négociations israélo-palestiniennes. Le gouvernement tunisien a la même approche que nous de la question iranienne, il est un allié dans la lutte contre le terrorisme, et a maintenu une ambassade en Irak pendant notre présence. En outre, la Tunisie a récemment signé un accord de remise de la dette avec les pouvoirs publics sur les termes du Club de Paris, il est le premier pays arabe à le faire.

5. Enfin, bien que les Tunisiens ont été profondément en colère contre la guerre en Irak et perçoivent du favoritisme envers Israël, la plupart d’entre eux admirent encore le rêve américain. Malgré la colère contre la politique étrangère américaine, nous constatons un intérêt croissant pour l’enseignement de la langue anglaise, pour les échanges éducatifs et culturels, et une foie dans la culture américaine de l’innovation. Tunisiens trouvent tous ces points importants pour leur futur.

Le problème: Un régime sclérosé et une corruption croissante

6. En dépit du progrès économique et social de la Tunisie, son bilan en matière de libertés politiques est faible. La Tunisie est un Etat policier, avec peu de liberté d’expression ou d’association, et de graves problèmes de droits humains. Le gouvernement tunisien peut revendiquer des progrès politique dans la dernière décennie, y compris en mettant terme à l’examen préalable des livres et l’accès du CICR (comité International du Croissant rouge) aux prisons. Mais pour chaque pas en avant, il y a eu un autre en arrière, par exemple le récent rachat d’importants médias privés par des personnes proches du président Ben Ali.

7. Le problème est clair: la Tunisie a été gouvernée par le même président depuis 22 ans. Il n’a pas de successeur. Et, tandis que le Président Ben Ali a le mérite de poursuivre une bonne part de la politique progressiste du Président Bourguiba, lui et son régime ont perdu le contact avec le peuple tunisien. Ils ne tolèrent ni conseils ni critiques, et ce qu’elles soient nationales ou internationales. De plus en plus, ils s’appuient sur la police pour contrôler et se concentrent sur la préservation du pouvoir. La corruption dans le cercle rapproché augmente. Même les Tunisiens moyens sont maintenant très conscients de cela, et le nombre des plaintes est en augmentation.

Les Tunisiens détestent, voire même haïssent, la première dame Leila Trabelsi et sa famille. En privé, les opposants au régime se moquent d’elle, même ceux proches du pouvoir expriment leur consternation devant ses comportements extravagants. Pendant ce temps, la colère augmente de plus en plus en Tunisie à cause du taux élevé de chômage et des inégalités régionales. En conséquence, les risques pour la stabilité à long terme du régime sont de plus en plus importants

Relations américano-tunisiennes: si seulement nous pouvions dire que c’est le paradis

8. les relations américano-tunisiennes reflètent les réalités du régime de Ben Ali. Du côté positif, nous avons accompli plusieurs objectifs ces dernières années, y compris:

– Accroître sensiblement l’aide américaine à l’armée pour combattre le terrorisme;
– L’amélioration (quoique qu’il y a encor des défis) de certains programmes antiterroristes important;
– Renforcer les liens commerciaux, y compris la tenue d’une réunion du Conseil ACCI (Accord-Cadre sur le Commerce et l’Investissement), l’hébergement de plusieurs délégations commerciale et économiques et augmenter l’activité économique;
– créer des liens avec les jeunes et avec la communauté culturelle à travers l’élargissement des programmes de langue anglaise, créer un nouveau festival de films , les – sensibiliser aux nouveaux médias.
– Encourager l’intérêt du Congrès à la Tunisie.

9. Mais nous avons aussi eu plusieurs échecs. Le gouvernement tunisien refuse souvent de s’engager, et il y a eu trop d’opportunités manquées. Le gouvernement tunisien :
A refusé de s’engager dans le Millenium Challenge Account;
A diminué les programmes régionaux de l’AEUDI (L’Agence des États-Unis pour le développement international) pour aider les jeunes;
A réduit le nombre des étudiants boursiers du programme Fulbright
A refusé de s’engager dans les négociations «Open Skies».

Le plus troublant ont été les efforts unilatéraux et maladroits du gouvernement tunisien à imposer de nouvelles taxes et rétroactif sur l’école américaine de coopération de Tunis. Il ne fait aucun doute que cette action a été à l’initiative d’amis puissants de l’Ecole Internationale de Carthage (y compris sans doute Leila Trabelsi). Cela soulève d’importantes questions sur la gouvernance en Tunisie et notre amitié. Si, en fin de compte, les actions du gouvernement tunisien oblige l’école de fermer, nous aurons besoin de réduire les effectifs de notre Mission, limiter nos programmes, et baisser le niveau de nos relations.

10. En même temps, le contrôle du gouvernement tunisien est de plus en plus étouffant ce qui rend la possibilité de faire des affaire par la Mission Etats-Unis exceptionnellement difficile. Les contrôles, mis en place par le ministre des Affaires étrangères Abdallah, exigent de la mission d’obtenir la permission écrite du MAE (ministère des Affaires étrangères) pour tous les contacts officiels et semi-officiels avec des organisations tunisiennes. Les fonctionnaires de niveau intermédiaire du gouvernement tunisien ne sont plus autorisés à communiquer avec le personnel des ambassades sans l’autorisation expresse et les instructions du ministère des Affaires étrangères. Toutes les demandes de réunion et toutes les démarches doivent être acheminées par note diplomatique. La plupart restent sans réponse. Toutes les ambassades à Tunis sont touchées par ces contrôles, mais ça ne les rend pas moins frustrant pour autant.

11. Au-delà des contrôles bureaucratiques étouffants du gouvernement tunisien, il est difficile pour la mission de maintenir le contact avec une large partie de la société tunisienne. Les journaux contrôlés par le gouvernement tunisien attaquent souvent les militants tunisiens de la société civile qui participent à des activités de l’ambassade, les présentant comme des traîtres. Pour intimider les participants, des policiers en civil se cachent parfois à l’extérieur lors des événements tenus par l’ambassade. Dans un exemple de la tactique du gouvernement tunisien, une subvention locale a été accordé par MEPI à une femme tunisienne, mais son patron au ministère du Commerce lui a dit de ne pas le poursuivre. Elle a persisté pendant un certain temps, mais s’est retiré quand elle a commencé à recevoir des menaces de mort anonymes.

12. Certaines mesures du gouvernement tunisien peuvent être liées à son aversion de l’agenda pour la liberté de l’ex-administration. Le gouvernement tunisien a considéré cette politique dangereuse et estime qu’elle a ouvert les portes du pouvoir pour les extrémistes islamiques. Les dirigeants tunisiens n’ont pas caché leur désapprobation des contacts de l’Ambassadeur et des autres employés de l’ambassade avec les dirigeants des partis d’opposition – en particulier le Parti démocratique progressiste Nejib Chebbi, objet d’intense animosité personnelle du Président Ben Ali – ainsi que des militants de la société civile qui critiquent le régime. Ils ont été extrêmement critiques envers les déclarations publiques de la précédente administration (telles que le World Press Freedom Day 2008) qui, selon eux cible injustement la Tunisie.

Alors, que devons nous faire?

13. Malgré toutes les frustrations de travailler ici, nous ne pouvons pas effacer la Tunisie. Nous avons trop à perdre. Nous avons intérêt à empêcher Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes extrémistes de prendre pied ici. Nous avons intérêt à garder les militaires tunisiens professionnels et neutres. Nous avons aussi intérêt à favoriser une plus grande ouverture politique et le respect des droits de l’homme. Il est dans notre intérêt aussi de bâtir la prospérité et la classe moyenne tunisienne, le fondement de la stabilité à long terme du pays. En outre, nous avons besoin d’accroître la compréhension mutuelle pour aider à réparer l’image des États-Unis et assurer une plus grande coopération sur les nombreux défis régionaux. Les États-Unis ont besoin d’aide dans cette région afin de promouvoir nos valeurs et nos politiques. La Tunisie est un lieu où, en temps voulu, nous pourrions les trouver.

La main tendue

14. Depuis l’investiture du président Obama, les Tunisiens ont été plus réceptifs aux États-Unis. Les hauts fonctionnaires tunisiens ont chaleureusement accueilli les déclarations du président Obama et ses discours. Son discours du Caire a attiré des éloges particulières, le ministre des Affaires étrangères l’a qualifié de courageux. Entre temps, des contacts de la société civile qui avaient boycotté l’Ambassade en opposition à la guerre en Irak ont commencé à revenir . En général, la métaphore de La main tendue dans le discours du président Obama a puissamment raisonné avec les Tunisiens.

Concrètement, les Tunisiens ont bien accueilli un grand nombre d’actions de l’administration Obama, y compris la décision de fermer le centre de détention de Guantanamo et des plans pour le retrait des troupes d’Irak. Plus que tout, les Tunisiens ont apprécié le ton du président, ses déclarations et ses actions (à ce jour) sur la paix au Moyen-Orient.

Comment faire progresser la démocratie et les droits de l’homme

15. L’administration Obama crée une occasion importante pour examiner si oui ou non nous poursuivons nos relations bilatérales et comment la rendre plus productive. Les fonctionnaires du gouvernement tunisien disent que les États-Unis tendent à se concentrer sur les questions où nous ne voyons pas les yeux dans les yeux. Ils se hérissent contre nos appels à la réforme démocratique et au respect des droits de l’homme, et ils protestent en disant qu’ils font des progrès. Pendant des années, l’objectif prioritaire de l’ambassade a été de promouvoir le progrès dans ces domaines. Nous avons besoin de maintenir l’attention, surtout que l’année 2009 soit une année électorale en Tunisie.

Ben Ali est certain d’être réélu par une marge importante dans un processus électoral qui ne sera ni libres ni équitables. Dans ce contexte, nous devons continuer à souligner l’importance de ces questions, et à maintenir des contacts avec les partis d’opposition et quelques groupes de la société civile qui critiquent le régime.

16. Nous devrions examiner comment cet objectif politique est exposé publiquement, cependant, depuis plusieurs années, les États-Unis ont critiqué – publiquement et en privé- le gouvernement tunisien, son absence de démocratie et son non-respect des droits de l’homme. Il y a une place pour une telle critique, et nous ne comptons pas l’abandonner. Nous vous recommandons une approche plus pragmatique bien que nous devons parler aux Tunisiens très clairement et jusqu’à les sphères les plus hautes de nos préoccupations en matière de démocratie et des pratiques des droits, mais laisser tomber la critique publique.

La clé de la réussite est des discussions franches et privées avec les grands portefeuilles. Nous recommandons d’informer explicitement les dirigeants tunisiens de notre changement d’approche et leur dire clairement que nous allons continuer à nous engager en privé avec les partis d’opposition et la société civile.

17. En outre, nous devons accroître nos efforts pour convaincre nos partenaires européens, et d’autres pays aux vues similaires, à intensifier leurs efforts pour persuader le gouvernement tunisien à accélérer la réforme politique. Si certains membres de l’UE (par exemple, l’Allemagne, les Royaume-Uni) sont d’accord avec nous, les grands pays comme la France et l’Italie ont hésité à faire pression sur les pouvoirs publics tunisiens. Nous devons travailler à les amener à le faire, et à conditionner l’assistance supplémentaire et avancées de l’UE au statut d’associé à ce sujet.

Avancer d’autres intérêts américains

18. Si l’on réussisse sur la démocratie et les droits de l’homme, les États-Unis ont aussi un intérêt à nouer des relations avec un large éventail de Tunisiens, en particulier les jeunes. Pour ce faire, et pour développer la bonne volonté du gouvernement tunisien, nous devrions offrir au gouvernement un dialogue sur une série de questions d’intérêts communs, soutenus par une aide accrue. Plus d’intérêts pour le gouvernement tunisien serait un engagement accru sur les questions économiques, c’est à dire, sur l’accroissement du commerce et des investissements bilatéraux, ainsi que la fourniture d’une assistance technique, en particulier concernant le transfert de technologie. Les Tunisiens seraient favorables à une relance du partenariat économique nord-américano-africain, et à d’autres efforts susceptibles de promouvoir l’intégration économique maghrébine.

19. En outre, nous devrions offrir un engagement sérieux dans des domaines hautement prioritaires pour les Tunisiens et qui bénéficieront aussi aux États-Unis, y compris:

– Un programme de langue anglaise plus grand et plus global;
– Des bourses de Ph.D pour les étudiants tunisiens qui souhaitent étudier aux États-Unis, tels que ceux que l’USAID utilisé dans les années 70 et 80;
– Fortifier les liens entre les universités
– Plus de programmes d’échanges scientifiques et technologiques – pour donner des résultats un accord S&T n’aura que peu d’impact sans argent investis
– Plus de programmes culturels.

20. En plus de parler avec le gouvernement tunisien, nous avons besoin de dialoguer directement avec le peuple tunisien, en particulier les jeunes. L’ambassade utilise déjà Facebook comme un outil de communication. En outre, nous avons le blog de l’Ambassadeur, une entreprise relativement nouvelle qui est d’attirer l’attention. Au cours des deux dernières années, l’ambassade a sensiblement augmenté son rayonnement auprès des jeunes tunisiens à travers des concerts, festivals et autres événements. Notre centre de ressources d’information et de coins de l’Amérique sont des moyens populaires pour les Tunisiens pour accéder aux nouvelles et aux informations non filtrées. Nous devons poursuivre et intensifier de tels programmes.

Faire progresser les grands objectifs de la politique étrangère et de la coopération de sécurité

21. Nous devons aussi chercher de nouvelles façons d’engager la Tunisie dans la poursuite de notre programme de politique étrangère. Nous croyons que le gouvernement tunisien souhaiterait ce genre d’engagement, et que cette stratégie sera gagnante, non seulement dans nos relations bilatérales mais aussi sur les questions transnationales. Par exemple, nous continuons à compter sur le soutien du gouvernement tunisien dans nos efforts pour promouvoir la paix israélo-palestinien et israélo-arabe. Bien que la Tunisie ait une influence limitée au sein de la Ligue arabe, il reste dans le camp des modérés, comme l’a démontré plus récemment par son refus de participer au sommet extraordinaire de Doha sur la situation à Gaza. À des moments appropriés, nous recommandons de faire davantage pour informer le gouvernement tunisien sur nos efforts dans le processus de paix et pour les attirer dans une aide supplémentaire. L’arrêt de l’envoyé spécial Mitchell ici en avril a été bien reçu et nous devrions chercher des moyens de poursuivre ces consultations.

22. Il existe aussi des possibilités dans le domaine de la coopération de sécurité. Pour commencer, nous savons que la Tunisie pourrait faire un meilleur travail en échange de renseignements avec nous au sujet de la menace terroriste sur l’Afrique du Nord. Ce n’était que trop clair quand, une fois encore, le gouvernement tunisien a échoué à partager des informations avec nous en temps opportun sur un terrain déclaré contre le personnel militaire américain. GRPO a pris des mesures pour accroître la coopération par le biais de canaux de liaison, bien qu’il y a eu du progrès, nous pouvons faire plus.

23. Concernant la coopération militaire, le moment est venu de sortir notre assistance militaire du cadre de la FAE (Financement des Armées Etrangères) et l’orienter vers des programmes plus ciblés qui répondent à des besoins spécifiques. Il est évident que l’armée tunisienne n’a pas besoin de la FAE (Financement des Armées Etrangères) comme il le prétend, et de toutes les manières il nous a apporté très peu en terme de coopération. Nous devrions plutôt nous concentrer sur le travail avec les Tunisiens pour identifier un petit nombre de domaines ou la coopération a du sens. L’utilisation récente de la section 1206 et les programmes du PKO de fournir l’armée tunisienne en radar de surveillance terrestre et en avions de surveillance sans pilote est un bon exemple.

Notre message: approfondissement de la coopération dépend de l’engagement réel

24. La Tunisie n’est pas un allié aujourd’hui, mais nous partageons encore une histoire et des valeurs importantes. Il est juste de considérer la Tunisie comme un ami, malgré sa prudence, son enfermement et sa distance. Plus important encore, dans une région dans la tourmente, la Tunisie a de meilleures perspectives, malgré qu’elle soit troublée, que la plupart de ses voisins. En fin de compte, pour de sérieux changements, il faudra attendre le départ de Ben Ali.

Mais le nouveau ton du président Obama et les politiques peuvent créer une fenêtre d’opportunité. Nous devrions l’utiliser pour faire des ouvertures au gouvernement tunisien dans les zones où ils cherchent notre participation ou notre aide. E, nous devrions chercher à impliquer tous les Tunisiens (en particulier les jeunes) dans tout ce qui permettra d’améliorer l’avenir de nos deux pays.

25. Pour réussir, cependant, nous avons besoin de ressources et de l’engagement de Washington. de nouveaux programmes élargis demanderont de l’argent et du personnel pour les mettre en œuvre en particulier dans les affaires publiques. Les représentants des Senior US doivent également être prêts à se rendre plus souvent en Tunisie que dans ces dernières années. Réunions en dehors de la Tunisie sont un bon outil aussi.

26. Finalement, nous recommandons aux officiels américains d’être clairs lors de tous les meetings avec les tunisiens : Plus de coopération dépend dans un réel engagement tunisien. Pendant longtemps la Tunisie s’est défilée. Petit pays dans une région difficile, le gouvernement tunisien a toujours sortit des promesses d’amitié et des slogans vides. Plus peut et devra être attendu de la Tunisie. Le gouvernement tunisien a toujours dit qu’il était un allié aux Etats-Unis et a appelé a plus important engagement américains. Nous devons y répondre clairement : Oui, seulement si nous avons une véritable aide de la Tunisie dans les défis qui nous intéressent tous. Le gouvernement tunisien aime l’illusion de l’engagement. Les Etats-Unis doivent pousser au dur travail et à la vraie coopération.

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