Il y a des sujets dont on se passerait volontiers d’en parler même si on est un irréductible opposant à la façon avec lequel le pays est gouverné comme je le suis. Ce n’est pas la peur des répercussions qui me retient, mais un inexplicable malaise face à autant de mépris et d’abus qui rongent nos institutions au point de désespérer de toute voie pacifique de salut.

Je voulais parler de cette anachronique et obsolète machine de propagande qui contenue de ravager notre paysage médiatique au mépris de notre intelligence et des règles les plus élémentaires d’entendement commun.

Il serait caduc de parler aujourd’hui de cette guerre continue contre toute forme de liberté d’expression qui a été instaurée dans notre pays non plus comme un mécanisme d’exercice du pouvoir mais comme une nature propre à ce dernier au point que notre pays est devenu universellement connu comme l’un des plus fermé à la liberté d’opinion, d’expression et de la presse. Pire encore, on est parvenu aujourd’hui à un état de paranoïa généralisée ou chacun a son propre diagnostic de la situation, son coupable et la sentence de son jugement sur la situation.

On ne distingue plus l’idée de son auteur ni le contenu des intentions secrètes dont on peut relever. Chacun est étiqueté et classé comme dans un musée des médiocrité. La suffisance et la suspicion généralisée font chanter chacun la gloire de sa propre vérité. La Tunisie n’existe plus ni dans un supposé contrat social ni dans un prétendu projet de société, tel une proie abandonnée, la seule préoccupation qui semble prévaloir est comment être le premier à s’en emparer. La politique est devenue un domaine de prédilection de vautours et de charognards affamés.

Nous sommes parvenus à un point ou il est devenu impossible de ne pas apercevoir les signes de dislocation de l’État. La propagande aussi puissante et omniprésente qu’elle puisse l’être, ne réussi plus a dissimuler cette réalité de manque de projet, de désenchantement national, d’outrage d’abus de privilèges.

Je ne pense plus que la stratégie d’opposition qui consiste à mettre de la pression sur le pouvoir pour dénoncer ses dérives et ses abus constitue encore le bon moyens d’action pour un véritable changement. Il y a un seuil au-delà duquel toute situation en état de pourrissement ne suscite plus que les instincts contradictoires de rejet ou de rétention. Notre situation actuelle est arrivée à ce point.

Ceux qui sollicitent aujourd’hui le maintient de Ben Ali pour 2014 ne sont que son expression, il ne voit aucun avenir pour la Tunisie sans lui comme ils l’ont expressément dits. De l’autre coté il y a ceux qui n’en voit aucun avant son départ du pouvoir.

Entre ces deux extrêmes il n’y a plus rien sauf le vide et le saut dans l’inconnu. Essayer de vanter les vertus du dialogue, de la concorde et de la solidarité de tous les tunisiens maintenant, c’est faire abstraction d’un état de fait incompatible avec toute réconciliation. Même si on voulais faire semblant de méconnaitre la réalité, la propagande est là pour nous le rappeler avec des faits d’actualités quotidiens qui déploient des moyens inouïes pour caractériser la comédie.

Il y a trop de privilèges que seuls quelques individus sont entrain d’en bénéficier au point qu’ils débordent les simples avantages économiques aussi énormes soient-ils pour investir le champs politique avec une déroutante désinvolture et médiocrité.

Je ne pense pas avoir besoin de rapporter des faits spécifiques que personne n’ignore encore mais je veux tout simplement dénoncer l’indécence de ce déballage outrageux de privilèges mal acquis au mépris de notre sens et de notre tunisianité.

Yahyaoui Mokhtar
Tunis le 29 septembre 2010
Tunisia Watch

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