Usine de dessalement

Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche et la Société nationale d’exploitation de distribution des eaux (SONEDE) ont attribué au « Groupe Princesse El Materi Holding » et l’entreprise espagnole « Befesa Medio Ambiente company » la concession d’un projet pour la conception, la construction et l’exploitation pendant 20 ans d’une usine de dessalement d’eau de mer sur l’île de Djerba, dans le golfe de Gabès d’après une information a été révélée par un communiqué publié sur le site de l’entreprise espagnole en date du 14 Juillet 2010.

« Le contrat, d’un investissement de 70 millions d’euros, sera développé sous la forme d’DBOOT (Design, Build, Own, Operate and Transfer). On estime que les recettes totales provenant de la vente d’eau au cours des 20 années de la concession excèdent 220 millions d’euros que le revenu annuel prévu est de plus de 11 millions d’euros. » rapporte le communiqué

Cet important projet fait partie d’un ensemble de mesures mises en œuvre par le gouvernement tunisien pour la promotion et le développement des ressources en eau non conventionnelles telles que le dessalement, visant à résoudre les problèmes d’pénuries en eau et de mauvaise qualité que le pays souffre et de fournir les aggrave la demande croissante dans les principales destinations touristiques comme l’île de Djerba.

L’usine sera la plus grande usine de dessalement en Tunisie. elle aura une capacité de production de 50 000 mètres cubes d’eau dessalée par jour, et en mesure de subvenir au besoins en eau de plus de 250 000 personnes. Cette infrastructure utilisera la technologie de membranes d’osmose inverse, rapporte le même communiqué.

Rapporté par le site indépendant « Kapitalis », l’octroi de cette concession n’a fait jusqu’à présent l’objet d’aucune communication officielle ou du coté des autres parties tunisienne concernés. indépendamment des doutes qui planent sur la régularité de l’octroi de cette concession et son respect des règlements en vigueur dans ce domaine en Tunisie, le secret dont elle fut entouré et la personne du bénéficière principal qui n’est autre que le gendre du président Tunisien Zine El Abidine Ben Ali, viennent relancer le débat sur le rapport de l’argent et du pouvoir que la fulgurante ascension ces dernières années des proches du président Ben Ali a constitué la meilleure démonstration pour le citoyen ordinaire tunisien.

Simple coïncidence, ou affairisme politique oblige, le même jour de l’octroi de l’exploitation de cette concession au gendre du président un arrêté du ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche et du ministre des finances annonçant l’augmentation du prix de l’eau potable est publié par le journal officiel. Ainsi les tarifs du prix de l’eau potable sont majorés pour les toutes catégories de consommation d’une part et le tarif supérieure est appliqué à la totalité de la consommation trimestrielle de l’abonné lorsque. Cela fait de cette augmentation la plus élevée dans les tarifs de l’eau potable enregistrée en Tunisie depuis son indépendance.

Avec 400 000 000 de mètres cube distribué par la Société nationale d’exploitation de distribution des eaux (SONEDE) par an à 2000 000 d’abonnés la moyenne de consommation se situe à 50 mètres cube par trimestre par abonné. Ainsi la moyenne de consommation qui concerne l’écrasante majorité des ménages tunisiens sera facturée au « tarif trois cent quinze millimes par m3 (0.315d) s’applique à la totalité de la consommation trimestrielle de l’abonné lorsque celle-ci est supérieure à 40 m3 et inférieure ou égale à 70 m3. » d’après le decret.

Il apparaît ainsi clairement que le rapport de la nouvelle augmentation des prix de l’eau potable et l’octroi de cette concession de dessalement de l’eau de mer n’est pas fortuite et qu’elle n’est qu’une étape pour amener les prix au seuil de rentabilité que nécessite le nouveau projet. D’après le communiqué de la société espagnole chargé de construire la station de dessalement, l’usine doit produire 50 000 mètre cube par jour et générer des revenus annuel de l’ordre de 11 millions d’euros par an, ce qui veut dire par une simple opération de calcul qu’elle va vendre le mètre cube d’eau à 0,60 Euros qui équivaut à un dinar tunisien le mètre cube d’eau.

Le cout de dessalement de l’eau de mer grâce à la technologie de membranes d’osmose inverse se situ actuellement dans le 0,40 Euro. Un prix qui reste malgré l’importante diminution qu’il a connu ces dernières années au-dessus des moyens de société comme la notre sauf dans des cas extrême comme celle de l’ile de Djerba ou l’eau potable est rare et de mauvaise qualité. Ainsi l’état doit trouver des solutions quitte à faire supporter les couts supplémentaire sur le reste des habitants du pays, mais un tel objectif ne peut être atteint par une entreprise privé dont l’objectif principal est le bénéfice que va lui rapporter son projet.

Quand on sait qu’avec 1 m3 d’eau de mer, l’usine produit 450 litres d’eau potable la saumure résultante et qui va être rejetée en mer constitue à terme un véritable danger écologique pour l’écosystème marin avoisinant partout dénoncé. Pour l’ile de Djerba qui constitue le premier pôle touristique du pays ce projet qui dépasse de loin ses besoins n’est pas de bon augure pour son avenir. Après la destruction des fonds marins de Sfax et de Gabes le tour est-il venu pour que les cotes de Djerba subissent le même sort ? jusqu’à quand allons nous subir cette politique dicté d’en haut qui ne fait égard ni aux lois ni à l’avenir de nos enfants et dont le seul déterminant se focalise de plus en plus sur une avidité d’argent au-delà de toute morale ou mesure.

Yahyaoui Mokhtar
Korba le 29 Juillet 2010

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