Sakhr El Materi en compagnie de François Bennaceur, un mondain qualifié d'escroc par la Cour d'appel de Versailles.

Après avoir obtenu, entre autres, le concessionnaire public de véhicules Ennakl (Audi, Volkswagen) en dot, le gendre de Ben Ali, comme son rival, et autre gendre de Ben Ali, l’ insatiable Marouene Mabrouk (Monoprix, Géant, Orange, Planet, Le Moteur…etc…), maintient sa prédation a vitesse accélérée sans aucune pudeur.

Ainsi, ce jouvenceau, faux dévot sans diplômes, est en passe de devenir l’ une des premières fortunes du pays, rien que parce qu’il a épousé Nesrine Ben Ali, la tumultueuse fille aînée de Leila Gin, garde malade actuelle du dictateur désormais sénile Ben Ali.

C’ est dans ces conditions que la rumeur circulait depuis déjà un certain moment dans le milieu des affaires se confirme : La Société Tunisienne Financière Immobilière et Maritime ou Stafim, qui est connue pour être le concessionnaire du constructeur français d’automobiles Peugeot, vient de changer de propriétaire.

Il faut savoir que la société emploie 240 personnes et dispose d’un capital de 5 MDT, l’actionnaire principal est Moncef Jarraya, aux côtés de la BIAT et d’autres actionnaires. La Stafim a été évaluée à 46 MDT, les actionnaires français gardent leur 34% d’actions et les 66% restants deviennent propriété de la Holding Azur.

Cette ” Holding” ( nouvelle apellation à la mode des entités mafieuses des clans du régime de Ben Ali), n’est autreque la société financière de Princess El Materi Holding, la holding de Sakher El Materi.

Si, jusqu’à une date récente, ces pratiques ne perturbaient pas le fonctionnement des marchés, tel ne semble plus être le cas aujourd’hui, comme le suggère la publication de tracts et d’opuscules en provenance des milieux d’affaires.

Car « les clans », comme on appelle communément l’entourage présidentiel, n’interviennent plus seulement dans des activités de prédation sur les grands contrats, mais également comme intermédiaires, voire comme actionnaires dans des opérations de privatisation et de concession (ce qui expliquerait que même les
bailleurs de fonds n’ont pas pu avoir accès aux informations) et dans la spéculation foncière et immobilière.

Leur entrée dans le monde économique s’est faite par les moyens traditionnels du clientélisme mais souvent aussi par des pratiques comme le racket, l’association forcée avec des entrepreneurs sur les marchés les plus intéressants, le non-paiement des fournisseurs…

On peut encore citer la constitution de monopoles ou duopoles privés (voyage à La Mecque, produits alimentaires de base, Internet) ainsi que l’utilisation intensive de « prêts non remboursables ». Ce n’est pas tant la ponction exercée par ces activités qui pose problème – le régime ayant bien compris qu’il ne fallait pas « tuer la bête » – que le fait qu’elles nourrissent l’absence de crédibilité, l’attentisme et la dissimulation.

Surtout, elles tendent à modifier les modes de gouvernement. L’environnement administratif se détériore. L’administration est en partie dépossédée en devant, par exemple, travailler pour le 26.26 alors qu’elle aurait les capacités de gérer elle-même des programmes publics équivalents.

Un discours populiste de dénigrement vient s’y ajouter : le Président ne répugne pas à critiquer publiquement les douanes ou d’autres services. Ministères et administrations sont contrôlés par différents « clans ». Ainsi, non seulement les limites entre public et privé sont de plus en plus floues, mais le pouvoir ne cesse de se centraliser, ce qui se traduit paradoxalement par son dédoublement : toutes les grandes décisions doivent être prises non seulement par les administrations compétentes mais par « Carthage », d’où lenteurs et blocages. Car la sanction du CMR (Conseil ministériel restreint, où se retrouvent ministres concernés, mais surtout conseillers du Palais), voire du Président lui-même, nécessaire à toute décision, entretient la pusillanimité de l’administration.

Privatisation et criminalisation de l’État peuvent ainsi, à terme, saper les mécanismes de négociation et les espaces d’autonomie qui constituent, comme on l’a vu, l’une des conditions de l’acceptation du régime autoritaire ou du moins de la docilité des Tunisiens.

Pour préoccupantes qu’elles soient, ces pratiques économico-politiques ne risquent guère d’influencer le jugement des bailleurs de fonds, qui vont probablement persister dans leur appréciation économique positive de la Tunisie.

Ces derniers sont avant tout sensibles aux résultats macro-économiques (déficit budgétaire et inflation
apparemment maîtrisés, gestion équilibrée et prudente du taux de change…) sans considérer les moyens qui ont permis d’y parvenir et, par ailleurs, ils sont obsédés par la stabilité et la sécurité.

Néanmoins, la crise asiatique de l’été 1998 a clairement fait apparaître les dangers de leur méconnaissance de l’économie politique des pays dans lesquels ils interviennent.

Faouzi Mahbouli

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