La paisible petite ville de Skhira dans le gouvernorat de Sfax, a connue un début de semaine très mouvementé. Le lundi 1er février 2010, un rassemblement de jeunes diplômés au chômage originaire de la ville s’est formé pour protester et exiger du travail. Très rapidement les forces de l’ordre ont rappliqué en nombre, munis de matraques et bombes lacrymogènes.

Poussés violemment aux abords de la ville, les manifestants ont tenté de retourner à leurs domiciles par la route nationale P1 (voir la carte) où ils auraient été rejoint par leurs familles, des élèves et d’autres habitants qui assistaient aux événements. La police a finalement réussi à disperser les manifestants dont plusieurs ont été interpelés et certains blésé.

Abdelkader Zitouni, Coordinateur National du parti « Tunisie Verte » affirme que “La police a chargé violemment les manifestants en utilisant les matraques et les bombes lacrymogènes“, faisant selon lui “des dizaines de blessés parmi les jeunes et les élèves qui ont suivi la manifestation“.

M. Zitouni affirme également que :

60 jeunes et manifestants sont arrêtés et emmenés le jour même à sfax. Seul un dirigeant syndicaliste a été relâché et a déclaré qu’il a été sauvagement tabassé dans les locaux de la police. Quelques autres élèves ont été relâchés. 47 et 50 jeunes vont passer en jugement et ce d’après les avocats de sfax qui se sont mobilisés pour les défendre.

Selon Mohamed Ennouri, Président de l’Association Liberté et Equité, “une série de recrutements de jeunes qui ne sont pas originaires de la région“, serait à l’origine de ce rassemblement. M. Ennouri estime que “malgré la fin des événements, l’ambiance reste électrique à cause de la colère des familles.

Ces évènements, que certains comparent déjà à ceux du bassin minier de Gafsa, mettent en évidence deux défaillances majeures dans “Le modèle de réussite tunisien”, tant vanté par le régime et les chancelleries étrangères :

La première est une inaptitude totale au dialogue opposant systématiquement la force face à des revendications légitimes et la deuxième réside dans l’accroissement des disparités entre les régions qui menace la paix sociale et renforce le régionalisme et l’incapacité du président et de ses innombrables gouvernements successifs, à y remédier.

La rédaction
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