Mohamed Sakher EL Matri (au centre) Au cours de visite de travail dans la région de La Marsa. Le 07/02/2009. Crédit : Site : www.rcd.tn

Le journaliste et blogueur tunisien, Ziad El Hani, a déposé, auprès du président de la chambre des députés, un recours en annulation de l’élection du gendre du président, Sakhr El Matri, sur la liste du Rassemblement constitutionnel démocratique de Tunis-2 lors des dernières élections législatives du 25 octobre 2009, nous apprend le site d’information, Tunisia Watch.

Le journaliste évoque la législation en vigueur qui interdit aux élus des deux chambres d’exercer

« une fonction de direction dans les établissements publics ou les entreprises publiques ou l’exercice d’une fonction de direction ou de contrôle dans les sociétés à caractère purement financier et faisant appel à l’épargne, au crédit et à la participation »

comme le stipule l’article 40 de la loi portant organisation du travail de la chambre des députés et de la chambre des conseillers

En effet Sakhr El Matri est depuis le 21 Octobre 2009, date de la réunion de l’assemblée Générale constitutive, premiers administrateur de la banque islamique, « Ezzitouna » puis désigné Président du Conseil d’Administration suite à la première réunion de celui-ci.

Ziad El Hani, exige donc l’application de l’article 45 de la loi d’organisation des deux chambres. L’article 45 stipule précisément que

« le député ou le conseiller qui se trouve, lors de son élection ou de sa désignation, dans l’un des cas d’incompatibilité visés à la présente loi est considéré […] démissionnaire d’office de ses fonctions incompatibles avec son mandat ou placé d’office dans la position de disponibilité spéciale s’il est titulaire de l’un des emplois publics. Tout membre de l’une des deux chambres qui a été nommé au cours de son mandat à l’une des fonctions prévues à l’article 77 du code électoral, et aux articles 38, 39 et 40 de la présente loi, ou qui accepte une fonction incompatible avec son mandat […] est licencié d’office sauf s’il démissionne volontairement. […]. »

Mokhtar Yahyaoui, rappelle que

« cette situation d’incompatibilité dans laquelle s’est trouvé le gendre du président Mohamed Sakher EL Matri a été soulevée en marge de la campagne électorale d’octobre 2009 avant son élection. […] L’invalidation de la candidature du gendre du président […] aurait du aussi entrainer l’invalidation de toute la liste RCD de Tunis-2 que l’actuel président de la chambre des députés présidait […]. ».

L’ancien magistrat révoqué, rappelle également que « Sakher EL Matri été déjà en situation de flagrante incompatibilité avec la fonction de député pour son statut d’administrateur à Attijari Bank. ». Une fonction qu’il occupe depuis le 22 mai 2009.

Ce nouveau pavé jeté dans les marécages de notre sinistrée république, a malheureusement peu de chance de faire des vagues. Il est évident que la commission électorale, qui a opéré, sans réels motifs, des coupes sombres dans les listes électorales des partis d’opposition, ne pouvait pas ignorer ni les fonctions de Sakhr El Matri au sein du conseil d’administration d’Attijari Bank, ni celles au sein de la banque « Ezzitouna » dont il est le fondateur.

Encore une preuve, s’il en fallait une, du mépris systématique des lois de notre pays par ceux qui étaient sensés veiller à leurs respect. Le président de la république, qui en est le premier garant, ne les a-t-il pas, pour la énième fois, bafoué en s’adressant aux tunisiens sur les ondes de la télévision tunisienne bien après la clôture officielle de la campagne électorale, alors qu’il était lui-même candidat à ces élections ?

Malek K
www.nawaat.org

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