– TopNet : « c’est l’ATI »
– ATI : « je ne suis pas au courant » !!!


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Pour une première, s’en est une particulièrement savoureuse ! Pour la première fois en Tunisie, un fournisseur d’accès à l’Internet, et ce n’est pas le moindre, puisqu’il s’agit de TopNet un des leadeurs historique du marché, reconnait publiquement la responsabilité de l’ATI dans le « filtrage » (terme plus consensuel que censure) de l’Internet en Tunisie ! Un aveu qui sonne comme une décharge de responsabilité sur l’agence (publique) Tunisienne de l’Internet qui de sa part déclare “ne pas être au courant». Bien évidement on est gentiment prié de les croire !

Il faut dire qu’on aura du mal surtout après que TopNet c’est fait prendre la main dans le sac et preuve à l’appui. Il ne s’agissait donc pas d’aveux mais plutôt d’une confirmation alors qu’on est déjà certain qu’au moins pour 3 fournisseurs d’accès, Dailymotion reste jusqu’à ce jour inaccessible. En effet selon plusieurs témoignages survenus de Tunisie, on pouvait déjà affirmer que le site de partage de vidéo n’était pas accessible sur TopNet, Planet et Hexabyte. Après les aveux à demi-mots de TopNet, on peut donc conclure que pour cette fois-ci le blocage touche tous les fournisseurs d’accès sans exceptions. Bien évidement, qui dit : « responsabilité de l’ATI », dit forcement : « décision politique » puisque l’agence se trouve sous la tutelle du « Ministère de la vérité », j’ai nommé le Ministère des Technologies de la Communication, véritable officine de contrôle des dites technologies.

Maintenant la question est de savoir pourquoi une telle censure ? Les spéculations vont bon train. Pour certains se sont les vidéos de “l’objet politique non identifié”, le déjà culte, Tarek Mekki. Plausible. Bien que peu crédible, le personnage peut déranger par son insolence et le discours et les moyens de communications qu’il emploie pour les véhiculer. Une manière de faire jamais vue dans les rangs de l’opposition politique. Mais dans ce cas pourquoi avoir attendu si longtemps. Les vidéos étaient disponibles depuis un bon moment et elles avaient déjà fait le tour du net tunisiens, certains blogs en avait même publié certaines d’entre elles. Pour d’autres, c’est la vidéo, toute aussi dérangeante, qui accompagne l’excellent post d’Astrubal (version Arabe ici et version anglaise ) sur l’utilisation faite de l’avion de la présidence, surtout, qu’après les vérifications faites dans la presse officielle par Sami et qui montrent, qu’à l’exception d’une seule date, aucune escale de l’avion de la présidence ne correspondait à un voyage officiel d’officiels ou de délégations tunisiennes.

Mais à ce petit jeu des devinettes on peut y passer la nuit sans embrasser la moindre lueur de certitude. En effet peut-on donner une explication à un comportement absurde ? Peut-on trouver des excuses à une institution étatique qui a pour but de promouvoir les nouvelles technologies, qui censure l’un des sites les plus emblématiques de ce qu’on appelle le Web 2.0 ? Commencer à chercher « le pourquoi » revient quelque part à trouver « des circonstances atténuantes » à ceux qui n’en ont aucune. Il n’y a rien qui justifie la censure. Ni les catégories de SmartFilter, sur lesquelles certains voudrait jeter la responsabilité, ni la fallacieuse excuse de « la préservation de l’image de la Tunisie ». Ceux qui salissent l’image de notre pays ce n’est pas ceux qui dénoncent les dérivent de ses dirigeants, mais bien ces derniers qui ne cessent de nous ridiculiser dans le monde entier.

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