L’adhésion de Sarkozy à la guerre perdue de Bush et Cie

Sarkozy, Bush, Ben Ali et Cie, même combat…

Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’intérieur, n’est jamais à court d’idée dès qu’il s’agit des musulmans. D’abord Les musulmans de France, bien sûr. Il y a quelque temps, quand il avait commencé sa guerre préventive, en s’en prenant à la « racaille » des banlieues qui « mettaient la France en feu, aujourd’hui il a lancé la nouvelle phase de sa bataille contre les employés musulmans des aéroports français et particulièrement ceux de l’aéroport Roissy- Charles de Gaulle de Paris. Ceux qui manipulent les engins de transport des bagages aux avions et des avions vers les bandes roulantes dans les salles d’arrivées. Ceux que l’ultra conservateur Philippe de Villiers avait déjà signalés dans son livre « Les Mosquées de Roissy ». Il les avait présentés « photocopies de documents » à l’appui comme des dangereux islamistes occupant des postes ultra sensibles dans le principal aéroport français. En tout état de cause, la dénonciation dans ce livre ne serait qu’un coup de main supplémentaire venant du ciel à l’appui de Sarkozy. Le ciel qui couvre particulièrement une certaine France. Un ciel qui est porteur des nuages les plus obscurs chargés de torrentielles pluies de haine et de beaucoup d’autres calamités que des crédules auraient pensé révolues à jamais.

D’un seul coup, monsieur Sarkozy, sur les 70 pauvres conducteurs des ces machines, a mis déjà 43 « hors d’état de nuire ». On leur a retiré leurs cartes d’accès aux pistes et se trouvent par conséquent, malgré les protestations des syndicats, en chômage. Il a chargé l’UCLAT, c’est à dire l’Unité de la Lutte Antiterroriste de sa police, de préparer le dossier de chacun d’eux justifiant la méfiance de monsieur le ministre envers eux, pour si jamais, monsieur Sarkozy devrait avoir à faire face à des considérations de légalité juridique ou administrative. Autrement dit il a engagé cette fois-ci une nouvelle phase dans sa guerre préventive générale. En effet plusieurs avocats sont déjà saisis de la question par une partie des ces travailleurs congédiés et les autres ne manqueront pas de faire la même chose, soit à travers les mêmes avocats, soit à travers d’autres et finiront à leur tout par entrer en lice. Monsieur Sarkozy, comme dans les affaires antérieures contre les musulmans de France, ne semble pas particulièrement ému, ni pour la situation des licenciés, ni par leurs avocats ni par les réactions plus que prévisibles qui vont – sans aucun doute – apparaître, d’une façon ou d’une autre à très court terme.

Le Pakistan, école de terrorisme ?

Selon les syndicats qui dénoncent les agissements de l’UCLAT, les enquêtes réclamées par leur chef devraient surtout être focalisées sur les voyages que certains de ces employés d’aéroport auraient réalisés au Pakistan. Il est bien dit – comme le publie El Pais du 23 octobre 2006 – le Pakistan et non pas l’Afghanistan. Et s’ils ne trouvent rien de ce côté-là, chose d’ailleurs qu’on peut facilement fabriquer en apposant un visa ou un tampon pakistanais sur les passeports que fourniraient volontiers et gratuitement, dans le cadre de sa participation dans la « guerre générale contre le terrorisme international » un Perwez Moucharef à travers l’une de ses ambassades et que l’intéressé ait ou non voyagé dans ce pays, eh bien que ça soit les mosquées que fréquenteraient et qu’auraient fréquentées dans le passé ou fréquentent en ce moment ces individus. Et que ça soit les mosquées où les imams seraient considérés comme des « radicaux ». La tâche ne peut être plus facile. Aucun imam qui prêche dans ces mosquées fréquentées par ces congédiés ne pourrait être considéré comme « modéré ». Pourtant, lors de l’une de ses récentes batailles menées contre ces imams « radicaux » monsieur Sarkozy avait déjà « nettoyé » la France en les expulsant tous par les voies les plus expéditives, dans le sens administratives ainsi que dans le sens matériel du terme, les uns vers l’Algérie, d’autres vers le Maroc ou vers la Turquie ou ailleurs vers d’autres pays musulmans. Les batailles de monsieur le ministre contre les musulmans de France sont déjà multiples et jouissent largement de l’agrément, de l’approbation et même de l’enthousiasme de la grande majorité politique ou autre. A part quelques sites sur Internet ou quelques médias presque marginaux, la plupart des très nombreux membres de l’establishment médiatique français s’évertuent à embaumer toutes les décisions de monsieur le ministre de l’intérieur et font mieux que la Fox ou l’empire de l’intoxication médiatique de Rupert Murdoch.


La Sélection ou l’immigration à la carte

Ce n’est pas que monsieur Sarkozy soit contre les immigrés, mais il préfère ceux qui conviennent aux nécessités de la France. Lors de la dernière réunion des ministres de l’intérieur des pays du sud européen à Madrid le 29-30 septembre dernier, il a carrément arraché le vedettariat au chef du gouvernement espagnol, José Rodriguez Zapatero, avec des déclarations fracassantes. Non seulement, il a lancé un orage de diatribes contre les immigrés clandestins, devenu presque un problème permanent pour l’état espagnol qui tente autant que possible de trouver des solutions de régularisation à ces immigrés qui se trouvent déjà sur place et dont certains depuis deux ans ou plus, mais il s’en est pris tout bonnement à l’amphitryon lui-même, monsieur Zapatero. Il l’a considère comme trop « mou » sur ce sujet en particulier. En effet quelques jours avant l’arrivée de monsieur Sarkozy à Madrid, monsieur Zapatero avait fait des déclarations concernant les mesures trop expéditives du ministre de l’intérieur français, sans pour autant le citer en personne, tout en suggérant une concertation – dans le cadre de ce qu’il appelle le Dialogue de Civilisations – avec les pays dont sont originaires les immigrés afin de trouver une solution à la question. Quand les journalistes à Madrid lui avait demandé qu’est-ce qu’il pense de ces déclarations, monsieur Sarkozy n’a pas eu de poils sur la langue, n’a pas mâché ses mots, les manches de sa chemise retroussées, a tout simplement rétorqué : « Je n’ai à recevoir de leçon de personne ».

Il n’y a pas de pire apôtre contre l’immigration qu’un ancien immigré.

Dans la même trajectoire d’esprit, en ce qui concerne l’immigration, monsieur Sarkozy ne manque pas d’idées. Il dit que la France est prête à accueillir des immigrés pourvu qu’ils répondent aux nécessités de la France. Par exemples des universitaires, des chercheurs, des techniciens de haut niveau. Enfin des immigrés de haute gamme. Autrement dit des immigrés comme ses géniteurs qui l’ont mis au monde, justement en France. En effet monsieur Sarkozy est né en 1955 de père, un aristocrate qui a fuit de son pays natal, la Hongrie en 1951, et de mère qui aurait elle aussi fuit son pays d’origine l’Espagne pour sa condition d’israélite, ou de ce qu’on appelle d’une manière générique pour sa qualité de séfarade. Autrement dit il préfère une immigration sélective sans tenir en considération le moindre du monde les droits des sociétés musulmanes et particulièrement, celle du Maghreb de retenir ces hauts cadres formés à dure peine grâce aux sacrifices de tout le peuple. Il s’en fout de ces considérations morales et dans une certaine mesure de l’obligation pour ces universitaires de servir d’abord leur propre peuple. Rien de ce côté-là ne pèse sur sa conscience, ni d’ailleurs sur celle des gouvernants ou plutôt des dictateurs dans cette région du monde musulman. Ils sont toujours prêts à lui fournir toutes sortes d’immigrations, c’est-à-dire une immigration à la carte, que lui Sarkozy ou autres de ces homologues européens ou occidentaux en général le souhaitent, en suivant le modèle américain qui a réussi, entre autres à capturer plus de 35% de ces hauts cadres, des Indes, du Pakistan et d’autres pays dominés du monde.

Sarkozy, futur président de France ?

Monsieur Sarkozy, le super ministre de l’intérieur français, se trouve en même temps candidat aux présidentielles de l’année prochaine 2007. Grâce, surtout à sa manière forte, de mener ces batailles contre les musulmans résidents réguliers ou non, sa popularité est grandissante et beaucoup de sondages le donnent déjà comme vainqueur contre tout autre candidat, qu’il soit monsieur de Villepin ou Ségolène Royale, la candidate du parti socialiste, ou tout autre candidat. Cette dernière se trouve sur la question de l’immigration, beaucoup plus proche des thèses de l’espagnol Zapatero ou de l’italien Prodi que de celle de madame Merkel d’Allemagne, une autre apôtre du libéralisme à outrance venue justement de la partie Est de l’Allemagne, et d’autres dirigeants européens du nord, telle que la présidente du Finlande dont l’essence de son esprit se résume en une expression « grandiloquente » : « Il n’est pas possible d’offrir à tous les peuples le même niveau matériel de vie que celui dont jouit l’Occident ». Elle ne pense pas justifier ses thèses autrement que par les considérations hautement racistes. Mais le cas de cette dame c’est un chapitre à part. Donc madame Royale, malgré ses indéniables capacités démontrées dans les postes les plus divers, comme ministre de l’environnement, ministre déléguée à l’Enseignement, ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance et enfin comme Présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, entre autres, ainsi que comme favorite du parti socialiste français, ne semblent pas jouir de la sympathie électorale des français. Ils lui préfèrent Sarkozy, de la même manière que les américains avaient un jour préféré Bush à Gore et puis Bush à Kerry par exemple.

L’embourbement inéluctable et le foulard de la mondialisation.

Et à la vue des « succès éclatants » remportés, jusqu’à présent, par monsieur Bush dans ce qu’il appelle sa guerre antiterroriste mondiale, en Afghanistan, en Irak et ailleurs dans le monde, il n’est pas exclu, le moment venu, de voir monsieur Sarkozy, une fois élu Chef de l’État français et installé à l’Élysée, créer son Guantanamo, son Abou Gharaib, ses vols secrets vers les lieux aussi ou plus secrets encore avec la collaboration des mêmes dictateurs qui ont collaboré et collaborent jusqu’à présent avec monsieur Bush. Ben Ali a fait mieux que Bush dans sa chasse aux musulmans et surtout aux musulmanes. Ce dernier et ces acolytes sur place ont ces derniers temps brusquement accéléré leur guerre contre le port du foulard ou du Hijab et prétendent qu’une telle tenue vestimentaire des femmes tunisiennes n’a aucun rapport ni avec une interprétation correcte du Livre Sacrée, le Coran, ni avec la tradition « tunisienne » et par conséquent elle est tout simplement considérée comme une intrusion intolérable dans le patrimoine et les « valeurs morales » sacrées de la société. Des arguments partagés par les membres de l’élite acquise au régime qui vocifèrent à travers tous les médias mis à leur disposition. Tous prétendent que derrière une tenue vestimentaire du genre, se cache une position politique qui menace les « ciments pérennes » de la société. C’est possible, mais ça ne peut pas constituer un pêché quelconque et encore moins un crime pour être effectivement traité – au comble de l’ironie – comme tel.
Pourtant ces malfaiteurs et ces ingrats ne s’offusquent nullement, de porter des vêtements authentiquement occidentaux et par conséquent bel et bien intrus dans la société musulmane où qu’elle soit. Et sans parler de tout leur monde de vie qui n’a aucune racine dans la société musulmane. Enfin les mêmes appréhensions que monsieur Sarkozy qui déclare qu’il préfère être dur que de se voir dans un drame ! Mais le drame de ces malfaiteurs et assassins se résume en la perte de leurs privilèges accumulés au détriment des intérêts de leur peuple, de son histoire, de sa culture et enfin de ses valeurs morales qui ne sont pas nécessairement celles mensongèrement dites valeurs universelles de l’Occident.

Pourtant le futur chef d’État français obnubilé par les applaudissements de la droite et l’extrême droite française en particulier et occidentales en général, ne se rend pas compte de son stupéfiant ridicule, mais aussi de l’énorme catastrophe dans laquelle est en train d’introduire progressivement la France de la même manière que Bush a introduit les États-unis, dans le bourbier – à présent – généralisé dans le monde musulman et non pas seulement en Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban, au Soudan et certainement tout ailleurs dans le monde musulman. Il ne se rend pas compte que ceux qu’il prend pour cible en ce moment en France, sont dans la plupart des cas, plus français que lui-même et beaucoup d’entre eux sont des descendants directs des milliers de musulmans qui ont combattu dans les rangs de l’armée française, à tort d’ailleurs, en Indochine et dans d’autres lieux de la planète, alors que ni son père, ni sa mère n’avaient apporté rien d’autre à la France que l’arrogance aristocratique et la connivence avec les sionismes en Palestine, deux éléments de poids considérables que lui-même personnifie à merveille et qui sont en train de déraciner irrémédiablement les immenses intérêts de la France dans le monde musulman. Pour les islamistes et les non islamistes l’élection de Sarkozy sera une bénédiction du ciel. Elle rejoindra celle de Blair, de Bush, de Merkel, des autres ultras, danois, finlandais ou autres de l’espèce ainsi que celle des dictateurs dans le monde musulman qui n’ont jamais lésiné à leur apporter l’appui nécessaire. L’image sera suffisamment claire, surtout pour les dominés musulmans, pour n’avoir devant eux que le choix entre accepter l’humiliation de la nouvelle colonisation en cours – qui se voile du foulard de la mondialisation – ou d’étendre la résistance qui se déroule victorieusement en ce moment sur plusieurs fronts. Il y a plus de quatre vingt dix pour cent de chance que les masses musulmanes n’accepteront plus jamais le diktat de l’Occident. Elles savent pertinemment que le monde musulman n’a aucun besoin de l’arrogance occidentale et la machine de guerre de celle-ci a fini, à partir du moment où elle a été massivement utilisée sur le terrain, en Palestine, en Afghanistan, en Irak et tout dernièrement au Liban – par perdre toute son efficacité et sa terreur. Ainsi le combat commun, de Bush, Sarkozy, Ben Ali et Cie, quoi que Fox ou semblables en disent est d’ores et déjà perdu.

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