La grande question… Dans quel monde fonctionne la justice ?

طارق الحجّام - Tarek Hajjam - 53 ko

طارق الحجّام – Tarek Hajjam

traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, Luiza Toscane

Les autorités tunisiennes ont réceptionné monsieur Tarek Hajjam, livré par les autorités italiennes dans le cadre de la coordination internationale autour de la dite lutte antiterroriste et l’ont écroué depuis le 24. 03.2006 à la prison civile de Tunis en vertu d’une affaire dans laquelle il avait été jugé par contumace en 1999 et condamné à dix ans d’emprisonnement pour appartenance à une organisation terroriste hors du pays. Maîtres Samir Ben Amor et Abderraouf Ayadi ont fait opposition devant le tribunal militaire permanent de Tunis. Et dernièrement le tribunal a fixé au 27 septembre 2006 la séance pour prendre connaissance du rapport rédigé après que le prisonnier aît été soumis à un examen par un médecin légiste à la demande de ses avocats.

Le prisonnier politique Tarek Hajjam est né le 29 février 1968. Il est originaire d’Aousja dans le gouvernorat de Bizerte. Il s’est rendu en Italie en 1994, puis de là a rejoint la Bosnie où il a participé à la défense du peuple bosniaque qui a été victime de nombreux massacres sauvages et des plus odieux crimes contre l’humanité. Tarek Hajjam s’est fait le défenseur de ces êtres qui allaient périr par les armes. Lors de ces combats, il a été blessé par un éclat au niveau de la tête qui lui a causé des lésions cérébrales graves. C’était en 1995. La commission de Bologne lui a reconnu un handicap de 100% le 20/11/96.
En mars 2002, il a été atteint d’une affection nerveuse pour la première fois, caractérisée par des actes insensés et pathologiques commis pendant de courts moments, et à répétition. A la suite de quoi, il a été admis pour soins dans une clinique de santé mentale de dépistage et de soins attenante à l’hôpital Malbini du 8 au 20 mars 2002. Ensuite il a été transféré à un second centre de santé mentale, car les actes insensés ainsi que les caractérise le certificat médical émis par cette institution traduisaient la perte d’équilibre et des états délirants et paranoïaques ainsi que des crises d’épilepsie avec perte de conscience. Au niveau organique, il est atteint d’hémiplégie gauche, de lésions à la corde vocale gauche, d’incontinence urinaire et de troubles du mouvement. Tarek Hajjam est soumis à un traitement antiépileptique et depuis le 13/02/2003, il est soumis à un traitement psychologique une fois par semaine.
Des examens ont avéré une perte partielle de mémoire et une inaptitude fonctionnelle mentale, qui s’expliquent par ses lésions organiques.

Monsieur Tarek Hajjam est marié à Mounira Hammami qui est restée à ses côtés et à veillé sur lui lors de son séjour en Italie. Mais un mois après la livraison de son mari aux autorités tunisiennes, elle a quitté l’Italie pour rejoindre la famille de son mari à Aousja (Bizerte). Elle suit son affaire et appelle les organisations humanitaires et de droits de l’homme à le défendre afin que justice lui soit rendue.

Tarek Hajjam n’a pas déclenché la guerre en Bosnie, pas plus qu’il n’a joué les pompiers. Mais il n’est pas resté les bras croisés lorsque l’hypocrisie du « monde libre » appelait à mettre fin à l’extermination. Tarek Hajjam n’a fait que se tenir aux côtés des opprimés et des victimes pendant l’extermination. Il n’a pas pointé ses armes contre des civils, il n’a pas été un kamikaze, il ne s’est pas enrôlé dans une armée terroriste. Ses armes étaient dirigées contre une armée raciste. Il défendait un peuple qu’on exterminait sous les yeux du « monde libre », ce monde qui tardait à envoyer des secours et qui a attendu de loin que la guerre d’extermination change les réalités de cette planète, au cœur de l’Europe, et les termes de l’équation raciale, politique et culturelle (…)
Pourtant Tarek Hajjam est depuis mars 2006 à la prison civile de Tunis et une moitié de son corps portera l’autre le 27 septembre prochain devant le tribunal. Et à son encontre sera prononcé un jugement (…).

Comment cette justice va-t-elle considérer Tarek Hajjam ? Comme une des victimes des massacres ou comme l’un des criminels de la cour de La Haye ? (…) Que répondra la justice après que le monde aît reformulé les relations internationales en vertu de l’hégémonie américaine selon le prisme de la droite chrétienne-sioniste et ait mené des guerres totales en vertu de la règle qui veut que « qui n’est pas avec nous est contre nous » ? Que répondrait-elle à la question : « Dans quelle monde s’érige-t-elle ? » contre eux ou avec eux ? Que répondra-t-elle quand la référence de cette justice en Tunisie sont des lois fabriquées à la mesure du contexte international ? (…) C’est pourquoi nous formulons à nouveau la question de la nature de la justice chez nous : dans quel monde fonctionne-t-elle : avec nous ou contre nous ?
(…)

Au lieu de rendre hommage à Tarek Hajjam et à ses actes héroïques, à l’instar de ce que font les peuples pour leurs héros, et des nations qui s’enorgueillissent de leurs fils volontaires qui se sont sacrifiés pour sauver des âmes innocentes et mettre fin à des injustices (…) ou faire cesser une extermination, ce dernier est enfermé à la prison civile de Tunis et la mort a anéanti son côté gauche (…). Et la famille de Tarek Hajjam dépense chaque semaine entre 30 à 40 dinars pour les hôtes de la prison qui sont « volontaires » pour le servir et l’aider dans ses moindres gestes.

Faouzi Sadkaoui

(Source : El Maoukef n°372 du 8 septembre 2006)

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

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