Un site internet qui perpétue la mémoire des prisonniers “otages” dans les prisons israéliennes

Au moment où la nouvelle “diplomatie” tunisienne, du nouveau Vizir Abdallah, salue, avec enthousiasme, le retrait de Gaza, nos frères palestiniens comptent leurs martyrs tombés dans les prisons de la “Democratie” israélienne. Un site internet (http://www.palestinebehindbars.org/, “La Palestine Derrière les Barreaux”, فلسطين خلف القضبان“) est dédié aux symboles de cette longue marche vers la liberté du peuple palestinien. Il est animé par le talentueux journaliste Abdel Naser Ouni Ferwana, ancien détenu, fils d’ancien détenu. Abdel Naser est aussi francophone, ce qui est rare en terre d’orient excpeté le Liban.

La destruction de l’Etre et la mémoire des “otages” morts sous la torture :

Pour rendre hommage à la résistance légendaire du peuple palestinien au moment du “désengagement” tactic d’Ariel Sharon, nous proposons la visite de ce portail réalisé avec beaucoup de sérieux et une grande foi en la cause. Deux textes, le premier, en arabe : سسيولوجيا تعذيب الأسرى في السجون, signé de Monqidh Abu Atwan, analyse l’entreprise de destruction de l’Etre dans les prisons israléliennes, avec une bonne introduction historique sur l’institution carcérale, bien emprunté au philosophe français Michel Foucault. Le second, en français : “Les martyrs du mouvement national des prisonniers”, est une étude statistique et rétrospective sur les 181 prisonniers palestiniens morts sous la torture ou suite aux mauvais traitements, dégradants et inhumains, dans les prisons israléliennes.

Le dernier en date est le martyr du ghazzaoui (de Gaza) Jawad Adel Abu Mghayseb, tombé tout récemment, le 28 juillet 2005, au Centre de détension Ansar 3 au Naqab, des suite de négligences médicales. Feu Jawad est originaire Deir el-Balah dans la bande de Gaza. Il restera un des symboles de la présence coloniale isralélienne à Gaza. Certains révoquent le terme “colonial” en parlant de l’occupation israélienne, en allant même jusqu’à refuser l’usage du qualficatif “occupation”. Ils parlent tout juste de “colonies de peuplement”. Comme si cette terre existe sur lune planète inhabité, telle Mars, qu’elle n’a pas d’histoire et que personne n’y habite. Aujourd’hui les “colons” des “colonies” d’occupation quittent Gaza, en pratiquant une politique de la terre brulée.

Mais Jawad et ses camarades resteront dans la mémoire collelctive du peuple palestinien et de nous autres arabes et musulmans. Parce que cette terre a quelque chose de particulier, d’affectif, de symbolique et de sacré pour nous. Encore un grand merci à Abdel Nour et ses camarades qui travaillent dans des conditions très difficiles poursauvegarder la mémoire des morts afin de rendre la dignité aux vivants.

Un exemple à suivre :

Ce portail est aussi un travail réussi sur la mémoire, celle des victimes et de leurs familles. Il donne à ce titre un exemple encourageant pour tous les victimes de la torture et de la répression politique et à leurs familles, afin de travaille sur cette mémoire et combattre le repli et l’oubli. Combien avons nous de martyrs tombés dans les prisnons tunisiennes ? Que sont-ils devenus leurs enfants, épouses, parents et proches ? Qui a perpétué leurs mémoire. Voila un sujet vers lequel des fonds, récemment “libérés” de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme peuvent être alloués.

En Tunisie, plusieurs études ont été réalisées sur la codition carcérale en Tunisie, soit par l’AISPP, la LTDH, le CNLT, l’ALTT, le CIDT-Tunisie, le CRLHT ou Vérité Action, l’Observatoire International des Prisons… Des travaux académiques ont aussi été reconnus par les instances universitaires, les travaux de Si Abdelhamid Larguèche sur l’histoire des marginaux, y compris dans les prisons, ainsi que la thèse de socilogie de Sami Nasr sur la sociologie de la prison. Le journaliste Hédi Yahmed a réalisé une enquête encore mémorable sur les prisons tunisiennes. Elle a été traduite dans plusieurs langues. Ce matériau permettra certainement aux victimes et à leurs proches de reprendre le flambeau et de s’organiser, et pour pour réunir cette mémoire, et pour exiger la libération des prisonniers politiques et leur permettre une pleine réhabilitation socio-professionnelle et une pleine réintégration de la vie en société. Celle-ci doit répondre à leurs besoins spécifiques ! et les prendre en charge.

La mémoire des palestiniens en Tunisie :

Nos frères palestiniens ont partagé avec nous une partie de cette mémoire, avec leur séjour en Tunisie, à Hammam-Chatt où la Tunisie avait accueilli le Quartier général de feu Yasser Arafat, le siège de l’Information Unifié de l’OLP, Radio Palestine et le Croissant Rouge palestinien. A Ezzahra où le stratège Mounir Chafiq dirigeait les bureaux du Centre palestinien des Recherches et des Etudes”, centre d’études stratégiques par excelmlence. A Oued Zarga où les combattants de l’OLP ont trouvé le repos du Combatant, à Mutuelmle ville, à La Marsa, à Sidi Bousaïd, à Solimane, à Bordj Cédria, à Hammam-Lif où les différents cadres de l’OLP ont trouvé réfuge avant que le bunker de Carthage ne refuse de renouveler leurs cartes de résident (de Dix ans) délivrées sous les ordres express du pouvoir régalien de feu Habib Bourguiba.

Nos frères palestiniens ont apporté beaucoup à l’activité culturelle en Tunisie, à Hammam-Lif surtout, mais aussi à notre perception nous autres tunisiens de la cause palestinienne. La cohabition au quotidien avec des victimes et des proches de victimes rendait encore plus parlante la souffrance et la résistance légendaire du peuple palestinien. Les tunisiennes et les tunisiens n’oubliront jamais le 1er octobre 1985 où l’armée israléelienne a entrepris, , de transgresser, par le crime, la souverainté d’un Etat souverain et d’abattre ses hôtes sur son sol. Ils n’oubliront jamais les Abou Jihad , Abou Iyad et les qutres matyrs tombés sur le sol de Ifriqiya ou ailleurs avec la participation des enfants ratés de la Tunisie. Comme des citoyensqui respectent dans un Etat qui se respecte, ils demanderont des comptes aux responsables des défaillances et aux collabos…

L’amnésie de la nouvelle “diplomatie” du nouveau Vizir :

Que le Vizir Abdallah ne se rappelle pas, c’est son problème d’amnésique et point celui des tunisiens restés fidèles et loyaux à leurs hôtes, leurs invités, leurs frères d’hier, d’aujourd’hui et de toujours.

Que la nouvelle “diplomatie”, du nouveau Vizir, semble vouloir oublier les fondements et les principes de la Diplomatie tunisienne, forgées parfois dans la douleur, cela ne changera en rien l’attachement de la Tunisie toute entière à la cause palestinienne, au rétablissement du peuple palestinien dans ses droits nationaux inaliénables. En premier desquels son droit à établir un Etat Indépendant, certes, mais surtout Souverain, Viable, Maître de ses richessses et de son destin, avec des frontières reconnues, établies selon la légalité internationale, et surtout avec sa capitale Al Quds Al-Charif. Point, Monsieur le Vizir…

Merci encore à Abdel Naser pour ce beau cadeau de Gaza, la palestinienne.

Paris – Orly, le 21 août 2005
Abdel Wahab Hani

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