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« Le Gouvernement des Etats-Unis est – de par sa propre définition – terroriste. En vertu des lois nationales et internationales, le président George W. Bush et ses associés affrontent à la peine capitale pour leurs agissements. Mais d’autre part il est aussi évident que tel ne sera jamais pris au sérieux, car il a été prouvé que les dirigeants dans ce pays ne se sont jamais soumis aux lois pour gouverner. » (Propos de Noam Chomsky recueillis le 16 novembre2005 par D.Brooks et J.Cason)

S’ils étaient soumis aux lois de Nuremberg, tous les présidents des Etats-Unis seraient pendus.  » (Propos Noam Chomsky recueillis par D.McNeill pour le The Independant le 24 janvier 2005)

Les accablantes conclusions du rapport d’AI 2005

Sous le titre La Tactique du Camouflage, El Pais du 30 mai 2005, écrit : « Les rapports annuels d’Amnistie Internationale sur les Droits de l’Homme dans le monde sont de plus en plus alarmants. Et ils le sont, non seulement, parce que dans les états où ces droits sont négligés et se trouvent systématiquement violés, mais, et, surtout, parce que dans plusieurs pays qui les situent au frontispice de leurs propres constitutions, sont souvent l’objet de controverse, ou carrément éliminés, à travers des procédures et pratiques qui leur sont totalement contradictoires. Ainsi le confirme le rapport de 2005 qui vient d’être rendu public.

Les Etats-Unis assument la plus grande responsabilité dans ce recul radical en matière de droits et de liberté qui s’est produit dans l’ensemble des pays (…) Le rapport d’AI signale un fait inquiétant : La tactique de camouflage utilisée par l’Administration Bush – et reprise par d’autres gouvernements – dans le but de dissimuler sous une terminologie neutre et même tranquillisante, ce qui en réalité constitue des violations pures et simples des droits de la personne humaine. Dans ce nouveau lexique la torture n’en est plus une, sinon elle est « posture stressante », « manipulation sensorielle », ou « manipulation de l’espace ambiant ». Non pus, les détenus qui disparaissent, sans laisser de traces, ne sont plus portés disparus avec tout cela comporte sur le plan juridique, sinon ils sont considérés des « détenus fantomatiques »

L’Administration de Bush considère les critiques d’AI à son encontre comme ridicules et sans fondements et revendique même le mérité d’avoir « fait progresser la liberté et la démocratie dans le monde ». Cette revendication compatit énormément aux côtés des dispositions de la Patriot Act, la persistance du goulag de notre temps, nommé Guantanamo, l’éphémère suite donnée aux agissements inhumains découverts à Abou Ghraib (Irak) ou à la sous-traitance de la torture dans des pays qui hésitent peu à l’heure de l’exécuter jusqu’à l’ultime conséquence. » (…)

Dernièrement dans un article publié dans le New York Times et repris dans le journal mexicain La Jornada du mercredi 1 juin dernier, Bob Herbert écrit : « Les fonctionnaires du Département d’Etat (Ministère des Affaires Étrangères) savent mieux que quiconque combien se trouve détériorée l’image des Etats-Unis dans le monde. Les Etats-Unis sont perçus comme une nation brutale qui abuse et tolère la torture dans des camps de détention épouvantables comme celui de Guantanamo (Cuba) et autres de par le monde où les détenus sont atrocement torturés, affreusement humiliés et cruellement assassinés. »

Le but final de la torture : Créer une sensation de terreur générale.

Les victimaires ne cherchent pas réellement à obtenir des informations des prisonniers, mais plutôt créer une sensation de terreur partout.

Naomi Klein écrit dans un article publié dans les colonnes du quotidien mexicain La Jornada en date du 22 mai dernier, sous le titre Les étendus « bénéfices » de la torture  : « Lors d’une réunion en l’honneur de Maher Arar, j’ai pu voir – totalement désemparée – les effets de la torture. Ce canadien d’origine syrienne est la plus fameuse victime de la « livraison », la procédure qu’utilisent les fonctionnaires américains pour torturer sur le sol de pays tiers. Arar était en transit par l’aéroport de New York, quand les interrogateurs américains l’avaient arrêté pour le « livrer » à Syrie où il sera retenu durant dix mois dans une cellule légèrement plus grande qu’une tombe. Régulièrement, on le faisait sortir pour des séances de bastonnades.

L’hommage était rendu à Arar par le Conseil Canadien des relations américano- islamiques. L’auditoire, de pied, lui donna une chaleureuse ovation mais dans l’ambiance la peur était palpable. Plusieurs dirigeants du collectif, tout en gardant leur distance avec Arar, lui répondirent d’une façon évasive. Certains orateurs étaient incapables de mentionner dans leurs discours le nom de leur hôte d’honneur, comme s’ils craignaient une contagion. Peut être le faisaient-ils à juste raison : La ténébreuse « évidence », finalement écartée, mais qui a conduit à Arar à une cellule infectée de rats était son appartenance à une prétendue association. Et si à Arar, un brillant ingénieur en systèmes électroniques et père de famille, lui est arrivé cet effroyable cauchemar, qui pourrait être à présent à l’abri de telle horreur ?
Dans un rare discours public, Arar a affronté directement cette peur. Il a dit qu’une commission indépendante a été en train d’essayer de réunir des documents prouvant que les fonctionnaires de la procuration de justice violaient les lois dans leurs enquêtes sur les musulmans canadiens. La commission a enregistré des dizaines de récits sur des menaces, des harcèlements et des visites inopinées à domicile. Et pourtant, dit Arar, « pas une seule personne n’avait déposé plainte. La peur les en empêchait de le faire. La peur d’être le prochain Arar. »

Cette peur est encore plus exacerbée chez les musulmans américains. La Patriot Act donne à la police le plein pouvoir de réquisitionner tous les documents d’une mosquée, d’une école, d’une bibliothèque ou de n’importe quel groupe communautaire, rien que pour le fait d’être considéré suspect d’avoir des relations avec des terroristes. Et quand cette intense vigilance est accompagnée de l’omni présente menace de torture, le message est clair : Tu es constamment surveillé, ton voisin pourrait être un espion, le gouvernement peut savoir tout sur toi, au moindre faux pas tu pourras disparaître dans un avion vers la Syrie, ou dans « le profond trou noir de Guantanamo » pour citer Michael Ratner, le président du Centre pour les Droits Constitutionnels.

Mais la peur doit être astucieusement calibrée. Les foules qui sont intimidées doivent être suffisamment informées pour être effrayées, mais jamais le suffisant pour pouvoir exiger justice. Ce qui explique la raison pourquoi le Département de la Défense rend public certains types de documents incriminant, par exemple sur Guantanamo avec des photos de personnes dans des cages métalliques et en même temps il passe sous silence les photos de tout ce qui s’est passé à Abou Ghraib. Ce qui explique aussi pourquoi le Pentagone donne feu vert à la publication du livre d’un ex traducteur militaire, qui inclut des passages sur les humiliations sexuelles des prisonniers mais censure l’usage généralisé des chiens d’attaque. La filtration stratégique de ce genre d’information combinée avec les démentis officiels, induit à un état que les argentins décrivent comme « Savoir sans savoir », un vestige de leur sale guerre.

Et les menaces sont incessantes. Dans une déclaration jurée interposée contre la section 215 du Patriot Act, Nazih Hassan, président de l’Association de la Communauté Musulmane de Ann Arbor (Michigan), décrit ce nouveau climat : L’adhésion ainsi que l’assistance sont en chute libre. De même pour les donations. Des membres de l’assemblée de direction (Hassan dit que les membres évitent toute activité susceptible de faire figurer leurs noms sur une liste quelconque). Un des membres a témoigné sous couvert de l’anonymat qu’il a cessé de parler de « sujets politiques ou sociaux » afin d’éviter d’attirer l’attention.

C’est ça le véritable objectif de la torture. Effrayer. Effrayer non seulement ces personnes dans les cages de Guantanamo ou dans les cellules d’isolement de Syrie ou d’ailleurs, mais aussi et surtout à l’ensemble de la communauté qui prend connaissance de ces cruels abus, de ces atroces supplices. La torture est la machine conçue pour briser la volonté de résistance, celle du prisonnier individuellement et celle de la communauté dans son ensemble.

Il n’y a pas de polémique là-dessus. Dans le manuel sur le traitement des survivants à la torture des médecins des Droits de l’Homme, il est rapporté le suivant : Ceux qui à conscience commettent ces actes de tortures et traitements inhumains, justifient leurs actions par la nécessité d’arracher des informations aux détenus. Mais derrière cette conception se cache le but réel de la torture. L’objectif de la torture consiste d’abord à dépouiller de la victime de ses conditions humaines, par la suite briser sa volonté et en même temps créer un terrifiant précédant destiné à tous ceux qui pensent s’approcher de la victime. De telle manière, la torture tend à détruire ou à abîmer la volonté et la cohérence de communautés entières.

Malgré toutes ces évidences, la torture est débattue aux Etats-Unis comme s’il ne s’agit que d’une forme moralement inacceptable pour obtenir des informations et non comme un instrument de terreur d’Etat. Et le problème c’est que personne n’est en mesure de démontrer que la torture soit une méthode efficace dans les interrogatoires et encore moins chez tous ceux qui la pratiquent. La torture « ne fonctionne pas. Il y a meilleures formes de batailler avec les captifs » dit, devant le Comité d’Intelligence du Sénat américain le 16 février dernier, le directeur de la CIA, Porter Gross. Dans un mémoire rédigé par un officiel du FBI à Guantanamo et récemment rendu public, on affirme que la coercition ne produit rien de plus de ce que le FBI obtient en utilisant les simples techniques d’enquêtes. Le manuel sur les interrogatoires, distribué au sein des forces armées, affirme que la contrainte ne peut qu’induire la source, le prisonnier, à déclarer ce que pense ou veut écouter celui qui l’interroge.

Néanmoins, les abus continuent. Ouzbékistan est la toute dernière livraison et le modèle du El Salvador a été exporté vers l’Irak. Mais la seule explication à la persistante extension de la torture nous parvienne d’une source aussi inattendue qu’impensable. La fameuse soldate Lynndie England, cette fille de Abou Ghraib, à qui devant le tribunal, on lui avait demandé pour qu’elle raison ou pour quel but, elle et ses collègues, avaient-ils forcé les prisonniers à se mettre nus et former une pyramide humaine, elle a répondu : Afin de pouvoir les dominer.

Eh bien c’est exactement ça. La torture – comme instrument d’interrogatoire, elle ne sert à rien. Mais quand il s’agit de maîtriser la société entière, rien ne peut fonctionner mieux que la torture.

C’est dans ce contexte même, dans cette même stratégie méphistophélique générale de la Guerre contre le Terrorisme de Bush et de tous les Bush, que se situe la profanation du Coran. Et comme dans le cas des « Fuites », sur les cas illustrés des cruelles tortures dans les multiples lieux de détention, sur toute l’étendu de la planète, de Abou Ghraib, à Guantanamo en passant par les sinistres « sous traitants » de ce nouveau produit made in usa, comme le général Parwiz Moucharref à Karachi, le général Hosni Moubarak au Caire, le roi Sidi Mohammed VI à Rabat ou le général Karimov à Tachkent, sans parler du « meilleur des meilleurs » de la haute école, le général Sharon, celui qui a pris plus de vingt ans d’avance sur Bush II dans ce domaine. Dans une déclaration à la chaîne de télévision Fox News (Dimanche 29 mai 2005) le général Meyrs, avance le chiffre de plus de 68 milles, le nombre des détenus dans tous ces lieux en marge de toute justice et de tout droit. Et comme on l’a constaté plus haut, l’effet qu’on cherche à travers la torture sur des « prisonniers de guerre » dont la plupart ne sont que de suspects, sans charge aucune, c’est celui qui s’abat sur la société entière, la musulmane et arabe en premier lieu et probablement le reste des peuples de la planète entière. Il n’est point étonnant, que ça soit d’abord des journalistes qui s’emparent des faits, suivis de démentis « catégoriques » de l’Administration, puis d’un aveu partiel de la même Administration et enfin d’un porte parole à l’autre ou d’un Secrétaire d’Etat à l’autre jusqu’à arriver au Chef suprême, toutes les scènes d’horreurs les plus inhumaines qu’on puisse imaginer sont décrite dans leurs moindres détails. Non pas pour la « vérité » en elle-même, mais bel et bien dans le but de faire mieux pénétrer la terreur dans le corps et l’âme de la Communauté entière.

Les profanations multiples du Coran.

Dans El Pais du 5 juin sous le titre le Pentagone admet qu’un soldat avait uriné sur le Coran à Guantanamo, on peut lire entre autres  : « Trois semaines après que la Maison Blanche ait forcé la revue Newsweek à se rétracter sur les informations concernant le soldat américain qui a lancé le Coran dans les toilettes à Guantanamo, le Pentagone reconnaît finalement qu’un fonctionnaire dans cette base ait bien piétiné, insulté et enfin uriné sur le Livre sacré des musulmans (…) Quelques jours après les « fortes pressions », la revue a publié effectivement un démenti. Dans une enquête interne du Pentagone qui s’est terminée depuis plusieurs jours mais que le Département de la Défense ne l’a rendue publique que dans la nuit du vendredi 3 juin, alors que les principales chaînes de télévision (Aux Etats-Unis) avaient terminé leurs programmes d’informations. (Le journal ne fait aucun commentaire sur ce jeu calculé. Et comme l’écrirait Robert Fisk : Aucune nouveauté). Dans l’enquête en question on reconnaît quand même cinq cas de « traitement inapproprié » du Coran de la part des fonctionnaires américains et 15 autres au cours desquels le Livre Sacré des musulmans a fait l’objet de profanation. Témoignages rapportés par plusieurs parmi les 540 détenus, seulement à la base de Guantanamo.

En effet El Pais du 21 mai dernier a publié dans un long article sur deux pages certains de ces témoignages, sous le titre, La mèche qui a mis le feu au Coran  : Des ex-détenus et des organisations des Droits de l’Homme révèlent des cas de vexations et d’humiliations religieuses dans la base de Guantanamo (…) On cite ici ce qui a été relaté par ces ex- détenus et rapporté dans ce même article : Moazzam Begg âgé de 36 ans et qui vit à Birmingham avait été arrêté en janvier 2002 au Pakistan. Transféré d’abord à la base américaine de Bagram en Afghanistan et postérieurement à Guantanamo d’où il est ressorti en janvier 2005. Il a déclaré : « A Bagram, en 2002 j’ai vécu des incidents qui ont provoqué la fureur chez les prisonniers. J’ai vu comment on déposait des exemplaires du Coran dans des endroits utilisés comme poubelles. Dans une autre occasion, j’étais témoin de ce gardien qui est entré dans une cellule pour arracher des mains d’un prisonnier le Coran et le jeter au sol. Une autre fois j’ai entendu crier un gardien en disant : Venez prendre le Coran, le Livre des Livres le plus Sacré ! Venez apprendre comment tuer les américains. Ferroz Abbasi, 23 ans né en Ouganda vit à Londres étudiant en informatique. Il a été arrêté en décembre 2001 à Kunduz, en Afghanistan. Il a passé cinq ans à Guantanamo. Il raconte : « Une fois un compagnon de peines qui se trouvait dans une minuscule cellule et qui voulait passer le Coran à un autre dont la cellule se trouvait à quelques dix mètres, ne sachant comment le faire d’autant plus qu’il ne parle pas anglais, on lui a fait venir un interprète – un maronite d’origine libanaise – qui a pris le Livre de la main gauche et tapant dessus avec la main droite en criant à haute voix en anglais à l’intention de ses camarades – qui étaient ravis de la plaisanterie – ¿Pourquoi voudrais-tu passer cette merde ? » Jamal Al Harrith 39 ans d’origine jamaïcaine, père de deux enfants, a été arrêté en décembre 2001 à Kandahar. Transféré par la suite à la base de Guantanamo où il sera détenu jusqu’à mars 2004 : « La première fois que nous sommes entrés en grève, c’était pour protester contre le gardien qui avait jeté le Coran au sol. La deuxième pour protester contre un soldat qui avait jeté le Livre dans les toilettes. A chaque inspection, le Coran est balancé énergiquement par terre. Une autre fois on nous arrosait d’eau comme du bétail, et voyant le Coran, on a orienté le tuyau dessus pour noyer le Livre ». Martin Mubanga 29 ans, né en Zambie et vit à Londres. Arrête en Zambie au mois d’avril 2002, transporté à la base de Guantanamo d’où il sera libéré le 25 janvier 2005. « J’étais dans la cellule numéro 33 du Camp Delta à Guantanamo. Six policiers militaires sont brusquement entrés. L’un d’eux s’est saisi directement du Coran et l’a jeté au sol. Les mêmes scènes vont se répéter durant toute la durée de mon incarcération. » Ruhal Ahmed 22 ans originaire du Bengladesh et vit en Angleterre. Il a été arrêté en janvier 2002 à Kandahar et emmené à Guantanamo jusqu’à 2004. « J’étais sans cesse témoin de profanation du Coran. En Afghanistan, on jetait carrément le Livre dans des récipients utilisés comme urinoir. A Guantanamo, pour nous provoquer et nous humilier, on ne cessait de jeter le Coran au sol. Dans les lavabos on nous laissait des messages obscènes et durant les interrogatoires le Coran est souvent maltraité devant nos yeux. » Tarek Dergoul 26 ans, né au Maroc et vit à Londres. Il a été arrêté à Kandahar et livré au gouvernement anglais en 2004 : « Quand j’étais à Kandahar, on jetait le Coran au sol, on le piétinait, on le déchirait et finalement on le jetait dans un récipient qu’on utilisait comme waters. Amin Saïd Al Cheikh est un de ceux qui ont souffert les conditions les plus inhumaines à Abou Ghraib en Irak. Voici ce qu’a publié Amnistie Internationale à son sujet : « On me mettait à nu et on m’interrogeait ¿Toi aussi tu prie ton Allah ? – Je répondais affirmativement. Alors tu es un enculé, me répliquait-on, tu es un enculé. L’un des militaires me disait qu’on finira par me violer. On me montrait la photo d’une femme nue et on m’ordonnait de me mettre dans une position honteuse. Un autre soldat me demandait : « Eh toi, tu as foi en quelqu’un ? – Oui je répondais, je crois en Allah. – Bien donc, moi je crois en la torture me riposta-t-il, et je vais te torturer. Et du dit au fait, on me ligota et me jeta au sol. Puis on m’ordonna de maudire l’Islam tout en me battant sur mon pied cassé. Sous les souffrances épouvantables, j’étais obligé d’obéir en maudissant ma religion. On m’exigea de remercier Jésus pour être encore en vie. J’ai dû obtempérer à ce diktat malgré moi. ».

La présence directe des bourreaux sionistes en Irak

Pour des raisons évidentes, les irakiens, les arabes et les musulmans savent parfaitement le rôle exact que jouent les sionistes – qu’ils soient ceux d’Israël, ceux des Etats-Unis ou tous ceux d’ailleurs – dans toutes ces hécatombes dans leurs différentes dimensions morales et physiques. Et dans ce cas particulier de la torture, Bush, en associant explicitement Sharon, fait exactement comme s’il ajoutait du sel sur la blessure. Dans un article sous le titre, ce que Bush n’a pas mentionné dans son discours, paru dans le journal The Indépendant de Londres en date du 26 mai dernier de Robert Fisk – un parmi tant d’autres personnages les plus divers du monde et de tous les cercles de la conscience humaine identifiée sous des noms comme Naomi Klein, Noam Chomsky, Georges Galloway, Ignacio Ramonet etc. – on peut lire : « Je ne pouvais plus attendre que la prison d’Abou Ghraib soit réduite en décombres par les américains…sur requête du nouveau gouvernement irakien bien sûr. Sa réduction en poussière éliminera un symbole de la brutalité de Saddam Hussein. En tout cas c’est ce que nous dit le président Bush. Ainsi donc l’écriture de l’histoire suit son cours et va à l’avant.
Au mois d’août dernier j’étais invité à Abou Ghraib. L’invitation me parvenait de la part de non moins que ma général américaine, Janis Karpinski, pour voir de mes propres yeux, les rafraîchissements de ces lieux de l’abjection. Les travaux se réalisaient à un rythme qui se mesurait en millions de dollars.
Des cellules pimpantes de propreté, des tubes de dentifrices et des nouveaux vêtements pour les « terroristes » internes. Et du coup le monument qui n’est plus un centre de torture américaine, même s’il continue à n’être qu’une prison irakienne, mérite quand même la démolition.

La nouvelle forme d’écrire l’histoire de l’Irak, est menée à toute allure. ¿ Armes de destructions massives ? – Oublions ça. ¿Relations entre Saddam et el Quaeda ? – Oublions Ça. ¿Irakiens délivrés de la torture à Abou Ghraib ? – Oublions ça. ¿Massacres d’invités au cours de cérémonies de mariages ? – Oublions ça. C’est l’heure de dégager les horizons devant l’ère de la pleine souveraineté et des évènements chaotiques. Ainsi sont les choses, pour le moins aux yeux du président Bush. À écouter dans la nuit du dernier lundi 23 mai, la prononciation confuse de Abou Ghraib comme Abu Grub, on ne pouvait s’empêcher d’être totalement d’accord avec lui. [Grub en anglais signifie trou ou fosse]

Néanmoins on se trouve encore une fois de plus, sur le point de perdre les détails. Les autorités d’occupation décrivent les mercenaires armés qui sont morts en Irak comme de simples « entrepreneurs » ou, encore d’une manière plus mensongère, comme de simples « civils » et ainsi aussi on laisse la responsabilité des interrogatoires pornographiques à Abou Ghraib s’éloigner tout en flottant sous le soleil d’été sur le fleuve du Tigre.
Par conséquent, revenant pour un moment sur les longues semaines où le Département des Pommes Pourries avait permit à ses gorilles de mettre des laisses autour du coup des irakiens – comme s’ils étaient des chiens – ou forcer les prisonniers a avoir des relations sexuelles entre eux, ou violer les plus jeunes d’entre eux. Qu’on jette un coup d’œil sur cette petite, mais bien édifiante question de la responsabilité.

Les authentiques investigateurs soupçonnés d’avoir encouragé les américains à abuser des prisonniers irakiens travaillent – le moins qu’on puisse dire – pour une compagnie qui a des amples liens militaires et commerciaux avec Israël. Aujourd’hui on sait que le directeur de la compagnie américaine dont le personnel a été impliqué dans les cas de tortures en Irak avait assisté à des cours d’entraînement antiterroriste en Israël et au début de cette année on avait reçu des diplômes des mains de Shaul Mofaz, le ministre de la Défense à Tel Aviv.

Selon la compagnie CACI internationale, la visite à Israël du docteur J.C London, son propriétaire – une visite placée sous le patronage d’influents pro israéliens entre lesquels figurent des congressistes américains et d’autres entrepreneurs liés au Département de la Défense – avait pour objectif de « promouvoir les occasions d’associations stratégiques et la créations d’entreprises conjointes entre les agences israéliennes et américaines de la défense et la sécurité intérieure. » Si le Pentagone et les puissances d’occupation de l’Irak insistent à dire que seuls les citoyens américains sont permis d’interroger les prisonniers à Abou Ghraib, il ne reste pas moins que telle définition, n’exclut pas que des américains en question aient la double nationalité. Le rapport jusque là secret du général Antonio Tabuga sur les tortures, fait bien mention de « nationaux de pays tiers » directement impliqués dans ces traitements inhumains des prisonniers en Irak.

Le général Tabuga fait mention dans son rapport de Steven Staphanovic et John Israël comme membres ayant participé directement aux atrocités. Selon Tabuga, Staphanovic, qui a travaillé au sein de la CACI, connue entre les militaires américains aussi comme « Caqui » « a formé les policiers militaires, qui n’avaient pas encore été entraînés aux techniques des interrogatoires. Il savait – sans doute – que ses instructions et ses recommandations équivalent à des atrocités physiques et morales. »

Un des collaborateurs de Staphanovic, Joe Ryan – qui n’est pas mentionné dans le rapport Tabuga – affirme qu’il a suivi un cours en Israël sur la méthode de conduire un interrogatoire avant de voyager en Irak.

D’autre part on sait que le Pentagone avait demandé à Israël « ses recettes en la matière » appliquées à Gaza en Cisjordanie occupés. Selon la Associated Press « des officiers israéliens avaient formé, entre janvier et février 2003, des soldats israéliens et américains qui se sont entraînés dans le Néguev, dans le sud d’Israël (…) Le pays hébreu avait aussi reçu durant une semaine des fonctionnaires policiers et des procureurs de justice américains pour un séminaire sur le contre terrorisme. »

Staphanovic, de la CACI, qui est probablement aussi australien, a été accusé dans le rapport Tabuga d’avoir fait « une déclaration mensongère devant l’équipe des enquêteurs, concernant sa mise au courant sur les atrocités ». Un autre interrogateur externe, Adel Nakhia, probablement d’origine égyptienne, a été présent pendant « les supplices exercés sur les prisonniers nus à Abou Ghraib. John Israël avait dupé les enquêteurs en niant avoir assisté à de conduites inadéquates et du coup indiquant qu’il « n’avait pas une autorisation de la Sécurité ».

Selon Titan [Entreprise américaine] – dont deux de ses employés ont été mentionnés dans le rapport Tabuga – John Israël travaillait au sein de l’une des entreprises en sous-traitance de la compagnie et qu’il avait refusé de révéler son nom. ¿Pourquoi ? – Parmi les anciens dirigeants de Titan, se trouve l’ex directeur de la CIA, James Woosley, un des architectes de l’invasion de l’Irak, ami d’Ahmed Chalabi et éminent homme d’influence pro-israélien à Washington.

De toute manière il est évident, que les traces de la torture à Abou Ghraib vont au-delà d’un simple groupe de cruels policiers militairesaméricains,quedes « fonctionnairesdel’Intelligence » leur ordonnèrent de ramollir les prisonniers afin de les prépareraux interrogatoires. ¿Étaient-ils israéliens ? ¿Sud-africains ? ¿Ou anglais ? ¿On va laisser l’histoire se s’évaporer ? »
Dans le même but et avec les mêmes procédures ont été dernièrement publiées, sur les pages du journal anglais The Sun et The New York Post (Propriétés du groupe de Rupert Murdoch, un notoire sioniste de nationalité canadienne) les photos de l’ancien président Saddam Hussein en sous-vêtement. Le journal El Pais du 21 mai sous le titre, La photo de Saddam en vêtement intérieur démolit la campagne d’image des Etats-Unis, écrit : « Le président des Etats-Unis George W. Bush ainsi que le Secrétaire d’Etat Donald Rumsfeld ont été informés de la publication de ces images et ayant analysé leurs effets et implications, ils ont conclu qu’il s’agit tout simplement d’un mauvais fonctionnement dans la contrôle interne du matériel délicat. En tout cas il s’agit bel et bien d’une violation évidente des normes de la Convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre. Et ce, sans parler de l’impacte sur les esprits en Irak [Et – indépendamment de la personnalité de l’ex-président – dans le monde arabe et musulman en général]. Ces images ne servent qu’à jeter de l’huile sur du feu. » El Pais a écrit de l’huile sur du feu. Mais la vérité va au-delà.

(A suivre.)

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