Du fond de sa prison, Mohamed Abbou continue à crier haro sur la dictature.

Depuis sa geôle, cet avocat qui a donné, par son verbe et son franc parler, du tournis aux ennemis de la liberté et de la démocratie, ne recule devant rien pour mettre à nu les invraisemblables atteintes aux droits humains et le désarroi d’un régime aux abois.

L’avocat kidnappé et incarcéré depuis le 01 mars dernier, proteste énergiquement contre sa situation carcérale. Il accuse les autorités tunisiennes de préparer un coup qui mettrait sa santé et sa vie en danger.

La cellule dans laquelle il croupit depuis son transfert arbitraire et illégal à la prison du Kef a été vidée de ses co-détenus (une trentaine environ). Seul avec quatre barbouzes venus l’épier, le provoquer et le menacer, Mohamed Abbou a toutes les raisons de penser que ces personnes sont là pour mettre à exécution un plan de déstabilisation et de destruction fomenté par les hautes sphères du pouvoir.

L’interdiction qui est faite à tous les détenus de lui adresser la parole confirme les pressentiments de Mohamed : l’isoler pour mieux l’agresser.

Mais Maître Abbou ne veut pas donner l’impression de s’indigner uniquement contre le sort que lui a réservé la dictature, il dénonce à sa manière la situation inhumaine de ses co-détenus entassés dans leurs cellules pour permettre à ses bourreaux de préparer leur crime dans la discrétion et le silence.

L’épouse de Abbou qui nous a transmis ces messages et prié de les faire connaître au plus grand nombre, dénonce pour sa part l’arbitraire des autorités carcérales écourtant scandaleusement le temps de visite provoquant la frustration et la colère de leurs enfants qui ne supportent plus la pression et la maltraitance qu’on leur inflige tous les jours. Elle demande à ce que son époux puisse subir, même après sa libération, un examen médical approfondi afin de détecter d’éventuels introductions d’éléments nuisibles à sa santé.

Le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou, dénonce cet acharnement abject à l’encontre de « l’avocat de la liberté » et réclame haut et fort sa libération immédiate.


Paris, le 31 mars 2005

Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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