Ce texte est un commentaire au sujet d’un article (L’anti-américanisme, maladie infantile de l’opposition démocratique tunisienne) de Me Kamel Ben Tahar CHaabouni paru le 25 mars 2005 sur tunisnews.

Encore une fois et on ne pense pas qu’elle soit la dernière, monsieur Chaabouni par ses balivernes et ses élucubrations les plus perverses se présente en tant que redresseur de tort et surtout apôtre de la sagesse dont l’opposition dans le pays et quelle que soit sa couleur en serait privée. L’autre jour tout en versant des larmes d’une douteuse nature sur l’arrestation arbitraire de maître Mohammed Abbou, il s’est attelé avec les mêmes clichés grotesques et avec la même dialectique obscène à faire une lecture des évènements et de l’histoire bourrée de falsifications, d’erreurs, de délires et d’hallucinations les plus stupéfiantes. Si de telles analyses étaient signées par un des nombreux tenants de l’autre bord, en l’occurrence par un américain, rien ne serait étonnant. Mais le plus dramatique, c’est qu’elles sont bel et bien l’œuvre d’un monsieur qui porte un nom loin de toute confusion hélas ! Il se disait touché par l’incarcération de maître Mohammed Abbou, mais en lisant le contenu de sa compassion, il en résulte presque une justification de l’arbitraire. Aujourd’hui il persiste et signe. Il justifie – au nom de son réalisme particulier – les faits accomplis, certainement les plus terrifiants.

Il a commencé son récent papier sous le titre « ’anti-américanisme, maladie infantile de l’opposition démocratique tunisienne » avec une référence à l’Evènement du 11-S, comme une espèce de présentation obligatoire de condoléances. D’ailleurs il a reproché ce manque de sensibilité à tout les peuples arabes qui dit-il ont applaudi le forfait monstrueux. En tout cas sur la question, ce monsieur n’a rien compris. Ça dépasse ses aptitudes et certainement encore de loin ses dispositions à comprendre ce qui se passe dans le monde. Je ne pense pas ici me mettre à lui expliquer – tel qu’il est fait – ce qu’il ne sera jamais en mesure de comprendre.

Comme un écran de fumée, il ne manque pas à tirer à boulets rouges sur le régime dictatorial qui règne dans le pays, mais ce n’est qu’un feu d’artifice pour distraire l’attention. Personne n’est dupe sur la nature abjecte du régime, mais de là passer à l’apologie de « l’Ogre », il faut avoir beaucoup de culot pour le faire. Comme si ce monsieur voulait nous livrer du petit diable pour nous confier à son propre créateur.

Ce monsieur, prétend que l’Administration américaine, celle actuelle, ou celle en général de tous les temps, ne serait que la bénédiction du Seigneur pour l’humanité. En cela il ratifie en effet ce que prétend George W. Bush en tant qu’illuminé. Et sans être exhaustif sur la nature oh combien spéciale de l’Administration américaine, des faits de l’histoire valent bien la peine d’être évoqués pour démystifier cette auréole que fait planer en permanence monsieur Chaabouni et aussi certains autres sur la tête de « l’Ogre » :

Ce qu’on appelle aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique ont commencé à se former à partir de l’arrivée sur ce continent des premiers fondamentalistes anglais vers la fin du quinzième ou début du seizième siècle. Et comme l’ont écrit tous les historiens de tous les temps, Noam Chomsky le reprend pratiquement dans toutes ses analyses, ces fanatiques anglais se sont mis à exterminer la population indigène. Par la suite l’ont suivi beaucoup d’autres et exterminèrent le reste. Ce n’était pas justement une bagatelle – comme l’écrit N.Chomsky, « il s’agit de millions de personnes. Ces gens savaient bien ce qu’ils faisaient. Ils ne se posaient aucune question sur ce qu’ils faisaient. Mais sont passés à présent des centaines d’années et l’extermination de la population indigène continue à n’avoir aucune place dans la conscience générale. » Par la suite ça sera le tour des noirs d’Afrique, de l’esclavage quoi. Léopold Senghor chiffrait le nombre à plus de deux cents millions dont la moitié auraient péris durant les traversées de l’Atlantique dans les lugubres soutes des navires des négriers. Cette question n’est pas non plus entrée dans la conscience générale. Sur les plus de quarante millions de misérables qui vivent dans les rues de villes américaines aujourd’hui, les quatre cinquièmes sont justement les descendants de ces noirs. L’extension des convoitises inassouvies passera au Continent Sud. Aucune population ne restera jamais plus à l’abri des dévastations américaines. Des populations entières ont été rasées de la face de la terre, souvent pour le simple « crime » de se trouver sur le chemin d’un gisement de pétrole ou d’une mine quelconque. Dans les annales criminelles les plus récentes de l’Administration américaine, on a l’embarras du choix. Du Honduras, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil au Chili etc. derrière tous les dictateurs on trouve les mains de cette Administration. En ce moment même les agents de différents bureaux de terreurs américains sont en pleine activité avec les yeux braqués sur le Venezuela. Dans ce contexte spécifique de l’Amérique du Sud, pour la première fois un Tribunal International a condamné l’Administration américaine à la suite de la plainte déposée par le Nicaragua. Des dizaines de milliers de citoyens de ce pays ont été massacrés. Durant les années quatre vingt sous l’administration Carter et puis sous celle de Reagan, le pays a été dévasté. C’était un terrorisme massif. Du même genre qui s’est abattu sur le Guatemala, le Salvador et Honduras. Aucun pays au monde n’a été encore condamné pour terrorisme et usage de force illégale, seuls les Etats-Unis.

Après avoir dévalisé l’Afrique de ces forces humaines, ils reviendront par la suite pour subtiliser les richesses minières et autres du Continent tout en déchiquetant les peuples en milles morceaux. Il est vrai qu’en cela les ont précédés dans la besogne leurs ancêtres européens. La France, la Belgique, la Hollande, l’Italie et bien l’Angleterre. Deux pays dans le monde ont soutenu jusqu’à la dernière minute l’Apartheid en Afrique du Sud : Les Etats-Unis et le « Porte-avions fixe »en Palestine, comme l’écrit Emmanuel Todd dans son livre « Après l’Empire ». Et bien qu’officiellement l’Apartheid soit banni, il va falloir certainement encore plusieurs générations pour réellement le faire disparaître. Entre temps l’Administration maintient toujours sa présence dans cette partie du monde avec le même esprit prédateur.

Quant à l’Asie on retiendra particulièrement l’invasion du Vietnam et de tout le Sud Est asiatique dans les années soixante et jusqu’au milieu des années soixante dix. La terre du Vietnam a été littéralement brûlée par le napalm et toutes sortes d’armes strictement prohibées par les conventions de Genève. Certaines régions du Vietnam ne verront probablement plus voir l’herbe pousser de nouveau. Elles ont été arrosées de tous ce que l’industrie militaire américaine a été capable de produire comme matières toxiques des plus puissantes. De manière à tuer pratiquement la terre. Il s’agit de milliers de tonnes de ces matières hautement nocives qui ont été déversées sur ce pays et dont les séquelles vont perdurer. Au moment où monsieur Chaabouni, en tant qu’élève, écrit-il, recevait son bol de lait américain dans son école primaire en Tunisie, l’Administration américaine donnait l’ordre à ses mercenaires d’arroser les centaines de milliers de petits vietnamiens avec du Napalm. Enfin comme de tous les temps la duperie de l’Administration américaine consiste en l’image altruiste et hollywoodienne dans le but de masquer les plus terrifiants crimes et génocides.

Quand ce monsieur nous parle de l’intervention de l’Administration américaine dans les deux « Grandes Guerres », comme l’écrit l’écrivain mexicain Carlos Fuentes, il fait semblant ou il est incapable de distinguer les raisons réelles de ces interventions. D’abord les deux sont arrivées à la dernière minute. Celle de 14 -18 elle a eu lieu le 2 avril 1917. Et la guerre s’est terminée en 1918. Avec une mise de presque rien et de pertes insignifiantes à coté des autres belligérants, les Etats-Unis entrent en scène et raffolent des énormes dividendes. De 1918 jusqu’aux années 50 et même soixante, cette Administration était totalement aveugle sur la mainmise coloniale sur le reste de la planète. Quand les américains interviendront par la suite, c’est bien suivant des calculs méticuleux dont l’objectif n’était autre que prendre la place des anciens colons vu l’essoufflement de ces derniers après la deuxième Grande Guerre. On se souvient parfaitement de certains faits bien marquant en Afrique comme par exemple l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo ou le refus de cette Administration d’apporter le moindre soutien à l’Egypte pour la construction du barrage d’Assouan, alors quelque temps plutôt elle était intervenue pour le respect de la légalité internationale en exigeant l’arrêt de l’agression tripartite contre l’Egypte à la suite de la nationalisation du Canal de Suez en 1956. Monsieur Chaabouni ou il ignore la nature du dévouement américain – que rien d’ailleurs dans l’histoire depuis son commencement jusqu’à nos jours ne laisse supposer – ou– pour une question ayant un rapport avec ses propres intérêts qui coïncideraient avec ceux des américains dans notre propre pays – il est partie prenante de cet énorme duperie. En tout cas ni l’une ni l’autre de ces raisons ne l’exempte de sa responsabilité à partir du moment où il se sent apte pour opiner.

Dans leur intervention dans la deuxième Grande Guerre, ils auront 300.000 pertes à côté des russes avec 20.000.000 et un total de entre 40 et 52 millions de morts. Ainsi ils prennent pied en Allemagne, en Italie, au Japon, en Corée du Sud etc. et ce jusqu’à nos jours. Quant au plan du général Marshall, ce n’est autre qu’un investissement des grandes entreprises américaines à la recherche de dividendes loin de tout caractère désintéressé et généreux que ce monsieur veuille bien le faire croire. On connaît la suite de ce plan. Dans la foulée la Société des Nations créée en 1918 deviendra l’Organisation des Nations Unies, une organisation logée en terre yankee subissant nolens volens l’influence de l’Administration américaine agit souvent pour les intérêts de celle-ci et rarement pour les intérêts de la cause réelle d’un quelconque peuple. D’où la confusion dans l’esprit de monsieur Chaabouni et ses semblables quand ils évoquent les temps du premier dictateur qui passait des heures et des heures à la radio et à la télévision du pays dissertant sur ses amitiés américaines et la soi-disant aide qu’il recevait de ceux-ci. Il parlait de John Foster Dulles ou d’autres noms de certains américains de l’Administration de l’époque comme s’il s’agissait de ses amis intimes en faisant croire au peuple que seul à lui et à ses amis américains qu’il doit sa « délivrance » du colon français. La lutte de tout un peuple durant des décennies avec tous ses convois de sacrifices et de martyrs n’avait aucune place dans l’histoire et encore moins dans l’esprit de ce dictateur qui traitait les combattants de « vulgaires fellaghas » ni dans celui de monsieur Chaabouni et la classe à laquelle il appartient.

Cette organisation accouchera de plusieurs autres dont bien entendu la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International. Ces deux dernières sont directement contrôlées par les américains et leurs alliés européens. Plus aucune économie nulle part dans le monde ne pourra plus fonctionner sans passer sous le contrôle direct de ces deux organismes. Ce qui va d’abord permettre aux compagnies américaines d’étendre leurs innombrables tentacules dans les économies européennes et par la suite dans toutes les économies du monde. Toujours avec les slogans les plus divers. Tantôt au nom de la liberté, tantôt au nom de la lutte contre le sous-développement, tantôt au nom du progrès etc. Aujourd’hui on en est au slogan de la démocratisation des pays arabes et musulmans ou de la lutte contre le terrorisme. Il n’est plus secret pour personne que grâce justement à deux organismes et quelque chose d’autre que l’Administration américaine extorque aujourd’hui plus de deux milliards de dollars par jour aux peuples de la planète afin que son système économique fonctionne. Le trésor américain doit plus de trois trillions de dollars à l’étranger. Et comme l’écrivait le « Financial Times » il n’y a pas longtemps, que si à la place des Etats-Unis, un autre pays était aussi endetté, ça ferait très longtemps qu’il aurait fait faillite. Et une telle dette va en croissance continue. On prévoit plus de sept cents milliards de dette supplémentaire pour l’année 2005 en cours. Evidemment tous ces créanciers du trésor américain et particulièrement les dictateurs et acolytes arabes qu’ils soient ceux du pétrole ou non, n’oseraient jamais demander la restitution de leur argent, car ils préfèrent se bercer dans l’illusion qu’un jour ou l’autre l’économie américaine sera en mesure de leur restituer leurs capitaux et aussi les dividendes. Et c’est bien pour cela que tous mafieux dans le monde arabe et musulman s’accrochent éperdument à l’Amérique de Bush, car la faillite de l’Amérique va bien de leur propre faillite aussi. Leurs dollars seront du jour au lendemain réduits en bouts de papiers sans la moindre valeur.

Venons en à présent au chapitre suivant, celui qui concerne le monde arabe et musulman. Ce monsieur Chaabouni, prétend que les tunisiens doivent fermer les yeux sur le reste du monde et de l’histoire pour ne se consacrer qu’aux intérêts de leur pays. Et selon ce monsieur les intérêts des tunisiens seraient justement dans une alliance avec les Etats-Unis et le Porte-avions ancré en Palestine. Enfin la logique même dans l’esprit morbide de ces créanciers dont il est question plus haut. Pour lui ça c’est du réalisme tout le reste n’est que démagogie. Faire des tunisiens – au nom d’une certaine démocratie étriquée – des alliés du premier et du deuxième tout en tournant le dos à son environnement vitale, équivaut à leur demander de se libérer de la dictature pour devenir purement et simplement des mercenaires :
Je pense que ce qui vient d’être écrit résume profondément et clairement le contenu du message – si d’un message il s’agit – de monsieur Chaabouni.
De la même manière sont à pied d’œuvre des personnages de la même espèce dans toutes les autres régions du monde arabe et musulman. Le temps dira quel est le qualificatif qui sied le mieux à ce genre de personnages.

Avant l’arrivée de Bush I à la Maison Blanche, et l’effondrement de l’Union Soviétique les écoles américaines de ce qu’on appelle le Think Tank étaient bien en pleines activités et recherches. Margaret Thatcher et Ronald Reagan avaient déjà tracé l’esquisse de la stratégie à suivre, autrement dit celle de la mondialisation. Ce n’est qu’avec l’entrée sur scène de Bush II et son équipe composée de néocons et de pro sionistes notoires que la stratégie va être mise en application. Même si d’aucuns avancent l’Évènement du 11-S comme à l’origine de ce qui va suivre, au fond il y a trois éléments sur lequel était déjà bien axée la nouvelle politique américaine ou ce que Condolezza Rice va appeler le Nouveau Siècle Américain (Américain New Century) à savoir, le contrôle des réserves de l’énergie, ce qui du même coup permet aussi le contrôle de la nouvelle Europe et sa nouvelle monnaie commune l’euro, un plus que redoutable adversaire du dollar qui en l’espace de deux ans a perdu 50% de sa valeur jusque là, le contrôle de l’expansion de la Chine et enfin la sécurité de l’Etat Porte-avions ancré en Palestine. Sur tous les tableaux ça va de la convenance de Bush et de Sharon. Et il n’est point étonnant que dans les papiers de monsieur Chaabouni, ces deux éléments vont toujours de pair. Donc l’invasion de l’Irak était bel et bien prévue, puisque indépendamment des sentiments de vengeance de Bush II, les réserves de pétrole dans cette région du monde arabe et musulman dépasseraient celles de la Péninsule Arabe, et si officiellement on parle de plus de 160 milliards de barils pour plus de 225 milliards de barils, il y a plusieurs experts irakiens et autres qui certifient une authentique mer de pétrole dans le sol irakien et que toutes les autres régions pétrolières autour ne seraient que les rivages de cette mer. Le pétrole arabe est d’une importance capitale pour le fonctionnement de l’économie mondiale et pour longtemps encore.

Vu l’histoire des Etats-Unis tout est possible. Jamais un mensonge n’était aussi grotesque et criminel comme celui inventé par cette administration américaine et particulièrement par les hommes de main tels que, Paul Wolfowitz le sioniste, Richard Pearl l’autre sioniste, Donald Rumsfeld, Condolezza Rice etc. Le mensonge des armes de destructions massives. Bon aujourd’hui, ils reconnaissent tous que ce n’était qu’un argument bureaucratique afin de déclencher le processus de l’invasion. Monsieur Chaabouni, ne semble pas être au courant de la destruction de tout un pays et non pas d’un régime. Car la machine américaine n’a pas détruit une dictature en Irak, mais elle a détruit tout un pays. En plus des millions de morts causés par l’embargo qui a duré plus de douze ans, la boucherie qui a été déclenchée le 20 mars 2003 a fait déjà plus de cent milles civils tués sans parler des militaires. Et en ce moment le pays est totalement dévasté et les américains et leurs complices irako américains sont en train de mettre sur pied un régime marionnette de la même nature que celui installé en Afghanistan. Hamid Karzai et la plupart de ses ministres ont la nationalité américaine. Monsieur Chaabouni ne se sentirait nullement offusqué par exemple qu’en Tunisie on aurait un président à la Karzai avec la nationalité américaine. Si telles sont, et, semblent bien l’être, les intentions de ce monsieur, la majorité écrasante des tunisiens préféreraient garder cet horrible dictateur, mais contrairement à ce que prétend monsieur Chaabouni le dictateur est bel et bien l’homme de l’Administration américaine et ne lui manquerait rien d’un Karzai sauf que les deux sont pour des raisons géographiques et autres légèrement différents, mais dans l’essentiel l’un comme l’autre servent parfaitement les intérêts de celle-ci. L’ambassadeur américain ne demanderait jamais au dictateur d’effacer une certaine présence de l’ancienne métropole coloniale.

De toute manière et pour mettre un terme final provisoire à ce chapitre concernant l’Administration américaine, vu tout ce qui a précédé et sachant parfaitement que la politique de cette Administration américaine n’est que le prolongement de la même politique de terreur contre les peuples depuis très longtemps, depuis sa propre naissance et jusqu’à nos jours, pour notre société actuelle le fait même de l’existence d’une ambassade américaine dans n’importe quelle capitale arabe ou musulmane représente inévitablement pour toute conscience vive un authentique cauchemar insupportable. Surtout après avoir assisté à ce déluge de feu et de bombes qui a détruit la vie sur une partie de notre terre suivi de ces scènes de tortures à mort de Abou Ghraib et ailleurs et rien n’indique que ça va cesser un jour, puisque la torture à mort est entrée dans le circuit économique de la civilisation américaine avec toutes ses transactions boursières millionnaires. Mais tel qu’il s’exprime monsieur Chaabouni, on voit qu’il est loin de s’émouvoir pour cela, le moindre du monde. De tels individus qui pensent de la sorte suivant leur logique de mercenaire, il est à parier qu’ils ne bougeraient pas le moindre du monde si par exemple des destructions pareilles toucheraient une région du pays ou un quartier quelconque pourvu qu’il ne soit pas le propre quartier où ils vivent. Enfin c’est la nature de leur monstrueux égoïsme. Un égoïsme qui est bien en vogue sur les ondes de cette mondialisation dirigée manu militari par la machine de guerre américaine.

Et en plus ce monsieur fait table rase de tous les sacrifices des peuples arabes et musulmans et particulièrement du peuple de Palestine dans sa lutte contre un ennemi féroce et prétend qu’il est du réalisme d’accepter le fait accompli et œuvre dans le même sens que le dictateur, qu’il fait semblant de haïr à mort, afin de voir le représentant d’un Sharon dans la capitale du pays. Enfin comme le nid de vipères de l’Administration américaine, ne semble pas lui suffire, il pense qu’il est de la real politique de voir des relations normales aussi s’établir avec des authentiques assassins. Il a cité des absurdités monstrueuses comme l’appel de l’ancien dictateur en 1965 à accepter le plan de partage de la Palestine. Or non seulement il n’y a aucune raison d’accepter un tel partage inique, mais qui est en mesure d’enlever de la tête de Ben Gourion ou de Golda Meir ou de tout un sioniste de l’époque ou d’aujourd’hui, l’idée qu’ils se sont toujours faite d’une domination totale des arabes et des musulmans et de l’étendu d’un territoire pour ce « Porte-avions » qui va au moins du Nil à l’Euphrate. Drôle de monsieur Chaabouni dans ses propres contradictions, car d’un côté il y voit dans l’auteur de ce fameux appel du génie et de l’autre un dictateur tout comme son successeur. En tout cas l’histoire a fini par trancher et le premier dictateur est mort tel un vulgaire personnage et son enterrement s’est fait presque en cachette et dans un désordre pathétique. Mais le plus insolent dans l’écrit de ce monsieur, c’est quand il parle de l’Espagne et considèrent aussi d’une légèreté stupéfiante que « les espagnols ont lutté pendant sept siècles pour se libérer des arabes ! ». Et de promettre aux arabes de lutter encore pendant autant de siècles ou plus pour récupérer la Palestine. Mais quelle ignorance ou plutôt quelle grossièreté. Ce n’est pas là le moment de parler de cet épisode de l’histoire, mais la présence musulmane en Espagne n’a aucune comparaison avec le contexte actuel. L’extension de l’Islam n’a rien à voir avec la colonisation pure et simple, car là où a pu arriver l’Islam à l’époque a vu des peuples embrasser la foi par millions, par centaines de millions et a vu prospérer des sociétés qui jusque là stagnaient dans l’ignorance. Les plus grandes réalisations de l’Islam ont profité à tous les peuples y compris à ceux qui ne se trouvaient pas nécessairement au sein de la communauté musulmane. Ce monsieur Chaabouni, a bien pris sa phrase de la bouche de l’ancien président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, cet autre allié de Bush dans sa croisade actuelle, qui rumine encore sa défaite électorale du 14 mars 2004 et qui du pupitre de l’Université de Georges Town á Washington où il est devenu professeur de sciences politiques par la grâce de son ami Georges, il a vomi sa haine et son venin en s’adressant à son auditoire en ces termes : « Le terrorisme musulman, ne date pas d’aujourd’hui, il date de l’an 711 et nous, les espagnols nous avons lutté pendant plus de sept siècles pour ne pas devenir des musulmans ». Cette même expression que tout un chacun peut bien comprendre venant de la part de José Maria Aznar, mais quand elle reprise par l’un – supposé des nôtres – elle prend une signification toute autre. Elle tout un relent d’ingratitude pour le moins.

Enfin de compte monsieur Chaabouni – si vraiment un tel personnage existe réellement – il est bien l’avocat du Diable.

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