Sur cette route qui me déroute, jusqu’à demain ou après-demain, quand il n’y aura plus rien de tout ce rien, où les cons et les assassins gravitent, ces reliques qui se veulent, peau de chagrin, être le nouveau destin, d’un ordre ancien, que tu n’aimes pas. Comment tu vas ? dis le moi , moi je t’écoute, le froid de cette déroute, parle pour toi, tels que je les vois, comme tu les vois, du fond de l’outre-tombe, je sais qu’ils sont les morts qui supplient l’aurore, ou ceux qui crachent sur ton corps, d’avoir rie de toi.

Lettre à Salah Karker

Salut SK, des initiales de rappeur, tu en as le mental et même la dégaine, je te vois encore avec tes incroyables « dingri », tes bleus de chine , ton bonnet de dur vissé sur ton crâne de l’intelligence, et tes épaules de déménageurs sourire aux anges, parce que mon vieux à perdu à la pétanque, ou un des nôtres parler de ses meufs, des keufs , de sa rage, de ses tiffs, de ses galères, de n’importe quoi, et toi fringué comme un bandit de grand chemin tu parlais de ta Tunisie, toujours et du Judo, toujours, au fait maintenant je peux te le dire, on a rigolé quand tu as reçu de ma sœur ? Il n’y a qu’elle pour faire des conneries pareilles, quand tu as reçu la liste du boycott des produits sionistes et que tu as balancé dans le vieux port de Marseille ? tes « NIKE » toute neuve , bon sang Salih toi tu ne sais pas faire dans la demi-mesure et c’est tant mieux, ras le bol de la démagogie, j’ai beaucoup apprécié aussi quand toi et mon vieux, rien que vous deux vous avez défendu mon droit à l’expression et à l’écriture, quand les autres fossoyeurs de mes deux sous prétexte qu’ils sont adultes et majeurs, parlent bien, ont voulu me bâillonner et priver le monde entier de mon talent, je suis sûr que ma provocation prétentieuse te fais rouler par terre de rire , je crois vraiment que tu aimes le bonheur et la vie , tu vois cela m’étonnerait que la camarde veuille de toi, elle a tant de morosité et de tristesse à dégager de ce bas monde qu’elle ne va pas se priver d’un allié comme toi, un allié qui sait par nature débusquer la sinistrose, t’en fais pas , prends soin de toi, tu sais que je ne me laisserais plus jamais faire, papa dit que tu ne mourras jamais parce que les braves ne meurent pas …tu vois je veux de toutes mes forces le croire, je sais que même les anges le croient, toi et lui vous êtes pareils, vous semblez vous dire beaucoup de choses quand vous ne parlez pas…

Au fait notre partie d’échec à distance est pour le moment suspendue, echaykou met ? Je garde la maison, et je ne jouerais plus avec personne d’autre, comme cela je suis sûr il n’y aura jamais d’échec et mat et je touche du bois, je sais que tu souris de mes superstitions païennes et de mes gris-gris vaudous, quand je pense que pour ça les Talibans m’auraient marié de force à l’âge de douze ans à une vieille sorcière pour m’apprendre à vivre,
allez tchao pitchounet et sans aucun doute à la revoyure.
ton pote BIJU qui pense à toi.

Ps : au fait je peux te le dire maintenant, tu as quand même, mine de rien réussi à me donner un brin de conscience morale, comme d’habitude. Je t’ai volé la tour pour arriver à te battre, mais ne t’en fais pas, j’ai tout remis en ordre dans notre diagonale du fou.


Lizirbou Métou

Toi les flancs déchirés
Par la sangsue et l’ordure
Toi qui me couvre de tes ombres
Aux choses ardentes de mes néants
Des murmures évasifs
Des ténèbres et la naissance
De l’aube dans la parole
Je finis de t’aimer et puis j’expire
Comme une nuée de corbeau
Sur le sein de l’abondance
Je t’aime.
As-tu jamais entendu des mots aussi beaux ?
Je t’aime.
Des mots impossibles
Dans une lourde paix d’éther
De fièvre et de rage
Je t’aime.
Il te plaît de voir
Mon rire et mes larmes te soudoyer
Et cette morne mélancolie
Des âmes opprimées te rappeler
A l’ordre des nombres
En ces lieues désolées
Où l’horreur est divine
Je t’aime
En ces lieues de silence
Où tu te retrouves tout à toi
A écouter le rire de l’ordure
Creuser ta tombe
Ils sont dans la terreur des orphelins
Et la peur leur creuse des ciguës
Je t’aime
Oui toi en faveur de qui
Pour le calme et la prospérité
Recoulent passionnément
Sous le fer et baïonnettes
Les amoureux de la vie
Attends moi s’il le faut
Puisque tout t’es permis désormais
Dans ce putain de firmament
Que réfléchit les océans
Elément qui remplit
Les intervalles de mes espaces.

BIJU

Ps : ce poème est dédié à Salah K, dit le grand, mon pote et ma mascotte depuis le CP, j’espère qu’il me verra sur les bancs de la fac, je sais qu’il tient parole et que ce n’est pas un lâcheur.


Monsieur le résident de la relique carthaginoise.
Zinétron pour les intimes


Je me fais un devoir national de vous écrire ces quelques mots les doigts sur la braguette qui, je l’espère, vous trouveront de même. Je prie matin et soir le Dieu miséricordieux que vous essayez de tourner inutilement en bourrique avec vos salamalecs veules et manichéennes comme si l’uniforme fait l’abattoir, je le prie pour que votre état de santé que vous ne saurez travestir corresponde au désir que doit certainement avoir Satan qui sera sûrement à l’heure à votre rendez-vous, le diable est l’exactitude même on dit que c’est un citoyen suisse, il faudrait que je demande à mon amie OL, et puis –je vous informe que de mon côté c’est identique.

La situation est inchangée depuis le changement dont je n’ai pas cru devoir vous informer, vu que le passé, comme le présent et le futur d’ailleurs sont pour vous une simple litote, et étant donné que ça ne changerait pas grand-chose à l’état de nos relations qui, j’en ai la ferme conviction, continueront à rester aussi communicatives que par le passé, bouffe et ferme ta gueule.

J’espère aussi que votre récent rhume des foins n’aurait été qu’un feu de paille et que vos filles sont plus que jamais dans la tradition familiale qui est de mise et en vigueur depuis qu’elle existe et que la Tunisie n’existe plus.

Lizirbou Métou

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