الشنقة مع الجماعة خلاعة


« Crever avec les autres est une partie de plaisir » si j’ose traduire ce dicton tunisien. Cela veut dire que le Tunisien ne laissera pas tomber la foule et que le courage à la tunisienne se crée s’il y a une masse populaire.

Les élections de Novembre 2004 passées, nous voilà retrouver en face d’un déjà-vu, une situation qui n’est pas du tout méconnaissable. Une réalité qui s’impose par elle-même et qui impose une logique à laquelle nous devrions nous conformer, faute de quoi rien ne changera et nous nagerons dans ce cercle vicieux éternellement. Notre combat, s’applique particulièrement à une réalité tunisienne très particulière se distinguant ainsi par la férocité de la machine dictatoriale, de la peur du Tunisien et de l’inefficacité de l’opposition. À première vue, nous remarquons un déséquilibre total entre ce qu’on appelle « opposition » et ce qu’on appelle « régime ». Les deux ne se confrontent même pas. Imaginez juste deux boxeurs sur un ring : un « poids lourd » et un « poids plume » on dirait plutôt que la partie est perdue d’avance pour le « poids plume ». De son côté, le peuple tunisien, en général, jouera le jeu du plus fort, même s’il est conscient de la situation. C’est du moins ce que l’histoire nous a appris de nous-mêmes, un peuple qui ne se révolte que si l’on touche à son pain.

Devant une telle situation, il serait inutile de répéter à chaque fois la même chanson, le même discours. On n’a pas besoin de dessin pour comprendre ce qui se passe chez nous et il ne faut pas qu’on fasse un dessin pour que les forces de l’opposition comprennent ce que nous voulons et ce qu’ils veulent. Nous avons tous les ingrédients pour mener un combat : nous sommes opprimés, nous sommes privés de nos libertés, une poignée de personnes tient l’économie du pays, un système policier qui traquent tous ceux qui veulent dire leur mot, et ainsi de suite jusqu’à toucher aux prisonniers d’opinion qui crèvent dans les geôles de la dictature.

Ce qui manque, c’est une stratégie qui fera sortir le peuple tunisien de sa torpeur et de sa peur continuelles. Il faudrait en être conscient, cela est absolument le rôle des opposants. Il faudra créer la masse pour monter sur le ring et affronter le « poids lourd ». Un plan d’action devrait voir le jour dans les plus bref délais, il ne suffit que de cela pour rallier les Tunisiens décis ou indécis soient-ils. Qui parmi nous ne soutiendra pas une telle initiative pour défendre sa liberté d’expression ? Pour dire son mot, pour participer à la vie politique de son pays et de le construire. Qui parmi les Tunisiens n’est pas partant pour une telle aventure ? Je vais peut-être vous paraître un peu ou trop utopique ou enthousiaste, mais ma vision des choses, me rappelle que l’on n’est pas dupes et que nous ne sommes pas des gobe-tout. Toutefois, ce qui nous bloque en tant que Tunisiens c’est surtout cette crainte que chacun porte en soi. Personne n’avancera que si cela vaudrait la peine, c’est du moins ce que j’ai remarqué à travers mes discussions avec des amis.

Je suis convaincu que le Tunisien ne restera pas les bras croisés quand il s’agira de rallier la masse. La masse dans le contexte tunisien ne se créée que si l’on voit une action sérieuse de la part de l’opposition qui agira comme exemple concret de l’union sur laquelle on pourra compter. Les opposants devraient penser et repenser que les Tunisiens qui n’ont presque jamais participé à une vraie vie politique, ne les rallieront que dans un cadre fiable et efficace. L’opposition est peut être consciente de cette situation, mais le tout reste suspendu dans des visions élitistes pas du tout pragmatiques. Un contact avec la base populaire s’impose et urge. La balle est dans le camp des opposants pour nous montrer leur capacité à aller de l’avant, et surtout dans le camp des Tunisiens qui ne doivent pas regarder et laisser faire ou attendre que l’on agisse pour nous.

Il n’y a pas trente-six mille solutions, il n’y a pas trente-six mille options. Il faut agir, de toutes nos forces, il faut mettre tous les moyens en notre disposition pour avancer. Le travail est de taille et rien ne paraît facile mais toujours faisable.

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